Suite de la polémique autour du carmel d’Auschwitz (290889)
Paris/Lyon, 29août(APIC) "Il est invraisemblable que les propos du cardinal Glemp aient le sens dans lequel les a reçus l’opinion publique; le primat et les évêques de Pologne ne peuvent pas être accusés d’un antisémitisme qu’ils réprouvent", a déclaré mardi 29 août le cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon et président de la délégation catholique des rencontres judéo-catholiques de Genève de 86 et 87. La veille, Jean Kahn, président du CRIF, s’exprimant au nom de la communauté juive de France,
s’étonnait "des propos malveillants et hautement déplacés prononcés à l’encontre des juifs par le primat de Pologne, Mgr Glemp, le 26 août 89 à Czestochowa".
"Succédant au non-respect par Mgr Macharski de sa signature à propos des
accords concernant l’évacuation du carmel d’Auschwitz, cette nouvelle escalade de l’Eglise polonaise s’inscrit dans un contexte appelant à l’antisémitisme que le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) ne saurait tolérer", écrit Jean Kahn. Le CRIF déclarait attendre de
l’Eglise "une prise de position nette condamnant les propos du cardinal
Glemp". Devant 100’000 pèlerins, le cardinal avait déploré samedi les actions menées contre les carmélites d’Auschwitz, actions "qui choquent les
Polonais et violent notre souveraineté", et dénoncé les "sentiments antipolonais" véhiculés par certains médias à la disposition des juifs.
Connu pour son amitié envers la communauté juive, le cardinal Decourtray
souhaite que la position des évêques polonais ne soit pas mal interprétée.
La création de leur Commission épiscopale pour les relations avec le judaïsme est un signe patent de leur volonté, souligne Mgr Decourtray. "Par
ailleurs, poursuit-il, le cardinal Macharski, présent avec moi à Genève,
sait que les responsables des communautés juives avec lesquels la délégation catholique a dialogué ne sont animés d’aucun ’anti-polonisme’ lorsqu’ils réclament l’application des engagements conclus conjointement par
les deux parties juive et catholique".
Les accords de Genève toujours en vigueur
"A ma connaissance, affirme le cardinal Decourtray, les accords de Genève, approuvés explicitement le 9 mars 1989 par la Conférence des évêques de
Pologne et rappelés par la Commission épiscopale polonaise pour les relations avec le judaïsme le 17 juillet 1989, ne sont pas annulés; des manifestations incontrôlées ne peuvent que nuire à leur réalisation".
En France, les voix venant de Pologne qui se montrent attentives à la
parole juive, à la shoah, sont trop peu retransmises, déplore président de
la Conférence des évêques de France. Et de souhaiter vivement, "étant donne
la gravité des faits et des enjeux", que les organes de presse les fassent
davantage connaître. (apic/be)