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    Suisse: Votation fédérale "sur l’immigration clandestine" (291096)

    L’OSAR et Amnesty International dénoncent la propagande trompeuse de l’UDC

    Berne, 6novembre (APIC) Amnesty International (AI) dénonce la propagande

    trompeuse de l’UDC et dénonce l’initiative de ce parti "contre l’immigration clandestine". L’initiative met en danger le principe de non-refoulement, a redit mardi à Berne l’organisation, au cours d’une conférence de

    presse.

    Même condamnation ferme du côté de l’OSAR, l’Organisation suise d’aide

    aux réfugiés. AI et l’OSAR emboîtent ainsi le pas aux nombreuses Eglises,

    communautés, organisations et associations qui en appellent au rejet d’une

    initiative qui est "la négation de la tradition humanitaire de la Suisse",

    sur laquelle le peuple va se prononcer le 1er décembre prochain.

    Selon AI, "l’UDC diffame tous les requérants d’asile entrés clandestinement en Suisse en les assimilant à des criminels". "L’UDC trompe grossièrement les électrices et les électeurs", estime l’organisation. Elle le fait

    en particulier par des annonces dans la presse en laissant croire que

    l’émigration clandestine serait assimilable à une arrivée illégale de "dizaines de milliers de criminels" et entraînerait une augmentation de la

    criminalité, du trafic de drogue, du trafic d’êtres humains et de la contrebande.

    AI et les oeuvres d’entraide en Suisse se disent préoccupés par les

    sous-entendus xénophobes des annonces de l’UDC. Le souverain aura à se prononcer sur la politique d’asile, alors que les réfugiés ne constituent

    qu’une toute petite partie de la population étrangère. "L’entrée illégale

    en Suisse ne doit pas être une raison pour exclure les requérants du droit

    d’asile ou à les consédérer comme criminels. Il est souvent impossible aux

    personnes persécutées par les autorités de leur pays d’origine de se procurer des documents d’identité et de voyage. Le droit international reconnaît

    d’ailleurs nombre de justes motifs pour un passage "illégal" des frontières.

    AI cite le cas de Kazim, un militant d’un parti politique interdit en

    Turquie. Son frère membre de ce parti a été condamné à 30 ans de prison par

    contumace. Kazim a été arrêté à sa place et torturé pendant plusieurs

    jours. Dans la peur d’une nouvelle arrestation, il a fui vers instanbul où

    il a été à nouveau arrêté et torturé. Kazim a quitté la Turquie avec un

    faux passeport qui lui a permis de se rendre en Italie, puis a taversé

    clandestinement la frontière suisse. Il a obtenu l’asile le 11 octobre dernier. "Il serait aujourd’hui certainement mort si l’initiative "contre

    l’immigration clandestine" avait eu force de loi en 1987".

    Quant à l’OSAR, elle relève que cette initiative est inutile, inhumaine

    et indigne. (apic/pr)

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