Suisse: vente d’avions Pilatus à l’Afrique du Sud (050493)
offre sa garantie financière à la firme de Stans
Les impôts des contribuables mis à contribution?
Lausanne, 5avril(APIC) La Communauté de travail "Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas et Caritas" prend la défense des contribuables suisses en s’interrogeant sur le bien-fondé d’une éventuelle
caution de la Commission de la Garantie contre les risques à l’exportation
(GRE) à la firme "Pilatus Flugzeugwerke AG" de Stans. Le GRE statue en effet lundi sur sa caution à cette entreprise dans sa vente controversée
d’avions Pilatus à l’Afrique du Sud. La communauté de travail, dans un
communiqué publié lundi, demande expressement au GRE de renoncer à l’octroi
de sa garantie dans ce cas précis.
Dans une lettre récente au président et aux membres du GRE, la Communauté de travail estime d’ailleurs cette vente délicate, non seulement du
point de vue de la politique de développement et de la politique étrangère
de notre pays, mais également d’un point de vue financier.
Les oeuvres d’entraide rappelent que le Conseil fédéral a décidé récemment de ne pas interdire la vente de 60 avions Pilatus PC-7 à l’armée de
l’Afrique du Sud, à condition qu’ils aient été construits de manière à exclure un armement ultérieur. Cette décision a été prise en dépit de deux
protestations du Comité des sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui
demande que cette transaction soit empêchée sur la base de l’embargo des
Nations-Unies dans le domaine de la collaboration militaire avec ce pays.
Entretemps, avec le licenciement de son directeur fin mars, la firme de
Stans a reconnu ouvertement que ses Pilatus PC-7 et PC-9 ont été utilisés
comme avions de combat.
"Ne rien entreprendre pour interdire une exportation est une chose. Soutenir activement une transaction aussi délicate avec les fonds des contribuables en est une autre", poursuit le communiqué de la Communauté de travail des oeuvres d’entraide. "Ceci d’autant plus que, en octobre dernier
déjà, le Congrès National Africain (ANC), futur partenaire du gouvernement
sud-africain, avait officiellement déclaré qu’il ne se sentirait pas lié
financièrment par un contrat violant l’embargo international. En outre,
dans la liste de la revue "Euromoney", l’Afrique du Sud a rétrogradé de la
36ème à la 47ème place entre 1991 et 1992, en raison d’un accroissement des
risques financiers provoqués par la situation instable du pays.
"Nos impôts combleront-ils à nouveau le déficit de la GRE aggravé par
l’exportation des avions Pilatus en Afrique du Sud", s’interroge gravement
la Communauté de travail. "Aujourd’hui, dans un contexte difficile de crise
économique, les contribuables ne sauraient comprendre que leurs fonds permettent la réalisation d’une exportation aussi contestée", conclut le communiqué des oeuvres d’entraide. (apic/com/ba)