Suisse: une nouvelle inititiative fédérale lancée (231192)
Deux interdictions ajoutées à l’article 24 de la Constitution
Fribourg, 23novembre(APIC) Un comité hors partis lance mardi une nouvelle
initiative fédérale "pour une procréation respectant la dignité humaine".
Cette initiative souhaite modifier le nouvel article 24 de la Constitution
fédérale sur deux points. Elle veut interdire la fécondation hors du sein
maternel (fécondation "in vitro") et l’insémination hétérologue, c’est à
dire l’emploi d’un sperme ne provenant pas du mari.
En mai dernier, le peuple suisse a approuvé le nouvel article 24 de la
Constitution fédérale qui fixe un cadre juridique aux techniques de génétique et de procréation artificielle. Si les initiants estiment que le net
refus du commerce d’embryons et des "mères porteuses" est un élément positif du nouvel article, ils sont par contre opposés à la fécondation in vitro et à l’insémination hétérologue. C’est pourquoi ils lancent cette nouvelle intitiative fédérale sur ces deux points, à leurs yeux, "contraires à
la dignité de l’homme".
Les arguments des initiants se basent principalement sur quelques principes de base tels que "l’homme met son avenir en péril" ou "l’homme est
manipulé", enfin "l’homme se coupe de ses racines".
Les techniques de reproduction artificielle, disent les initiants, ont
été développées pour accroître la qualité de reproduction des animaux par
la sélection d’embryons et obtenir des embryons destinés à la recherche. Il
est cependant inadmissible d’appliquer à l’homme tout ce qui peut se justifier chez l’animal. L’homme joue son avenir avec légèreté "lorsqu’il croit
pouvoir influencer sans danger le mystérieux processus de la procréation".
La fécondation in vitro, poursuivent les initiants, "permet d’effectuer
des manipulations dès le premier stade de la vie de l’homme. Or l’être humain ne peut être dégradé en un objet manipulable et sélectionnable à volonté. De plus le traitement de la stérilité par fécondation in vitro n’a
de succès que dans peu de cas. Pour obtenir une naissance, de nombreux embryons sont sacrifiés. La fécondation in vitro n’apporte ainsi à la plupart
des couples qu’un faux espoir. D’autres solutions, telles l’adoption et la
recherche des vraies causes de la stérilité, doivent être prônées afin de
combler le désir des couples d’avoir des enfants.
Pour justifier leur opposition à l’insémination hétérogéne, les initiants font remarquer que l’emploi du sperme étranger au couple est une atteinte à la relation du couple et représente un facteur de risque pour
l’harmonie familiale. En outre, dans la plupart des cas, disent-ils, "l’enfant conçu de cette manière ne connaîtra jamais sa véritable origine. Or
les générations actuelles et à venir ont le droit de connaître leur ascendance: cette connaissance est capitale pour leur équilibre psychologique et
social".
L’inititative "Pour un procréation respectant la dignité humaine" est
soutenue par diverses personnes de tendances politiques diverses qui appuient ces objectifs généraux et philosophiques. Elle rejoint la manière de
voir prônée par le mouvement "Oui à la Vie" qui va s’engager d’ailleurs résolument dans la récolte des signatures. (apic/com/ba)