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    Suisse: "Tribunal des peuples de l’ex-Yougoslavie" (170693)

    Etablir les faits pour rechercher des solutions

    Berne, 17juin(APIC) Un "Tribunal des peuples de l’ex-Yougoslavie" tiendra

    à Berne à la fin de l’année une session consacrée aux crimes de guerre commis dans le pays. Les initiateurs du projet ont présenté leurs perspectives

    jeudi à la presse. Emanation du Tribunal permament des peuples de Rome, organe non gouvernemental créé en 1979, ce "tribunal de Berne" ne possède aucune juridiction pénale. Il entend en revanche travailler à l’établissement

    des faits et à la recherche de solutions pacifiques aux conflits.

    Elisabeth Baümlin, membre du comité, précise que ce tribunal se veut

    complémentaire au Tribunal extraordinaire instauré par la résolution 827 de

    l’ONU du 27 mai dernier. La guerre ne peut être réduite aux seuls actes

    d’individus nuisibles. C’est pourquoi la recherche des causes et l’établissement des faits seront la première tâche de ce tribunal. Ils constituent

    des éléments indispensables pour saisir les enjeux et porter un jugement

    sur les actes commis. La seconde tâche sera d’établir le caractère systématique des violations des droits de l’homme et de la purification ethnique

    et de déterminer les responsabilités des forces en présence. Enfin le troisième objectif du tribunal des peuples est développeer des perspectives de

    paix en vue de la coexistence des peuples en ex-Yougoslavie.

    Ward Morehouse, juge au Tribunal des peuples, a qualifié le tribunal de

    "voix de l’opinion publique", même s’il a peu de possibilités de voir ses

    décisions appliquées.

    Pour Thomas Fleiner, professeur à l’Université de Fribourg et membre du

    comité de patronage, la guerre en ex-Yougoslavie présente un caractère particulièrement complexe. Il s’agit à la fois d’une guerre internationale,

    d’une guerre civile et d’une guerre entre des bandes armées. Sur le plan

    juridique, on se situe donc à la croisée entre le droit constitutionnel et

    le droit des peuples. Le professeur Fleiner estime en outre que la Suisse

    grâce à son expérience de coexistence entre les peuples et les langues peut

    apporter une contribution sérieuse à la résolution du conflit.

    Si le conflit yougoslave devait se résoudre par la disparition de l’Etat

    de Bosnie-Herzégovine, cela aurait des conséquences catastrophiques pour

    les Balkans et pour l’Europe entière, avertit Zarko Puhowski, professeur de

    sciences politiques à l’Université de Zagreb. C’est un devoir de constater

    les crimes de guerre et d’identifier les coupables, estime-t-il. Dragan

    Djilas, responsable de l’information à la radio libre "B92" à Belgrade dénonce de son côté la responsabilité des médias qui, par une propagande intensive dans tout le pays, ont déclenché un climat de haine. Quant à Adem

    Demaci, président du Comité des droits de l’homme du Kosovo, il a rappelé

    que la crise yougoslave a commencé avec la suppression de l’autonomie du

    Kosovo et l’instauration d’une véritable politique d’apartheid contre les

    Albanais par les Serbes. Et d’espérer que le tribunal contribuera à éviter

    l’éclatement de la guerre au Kosovo et à faire respecter les droits des Albanais.

    Le tribunal devrait fonctionner avec une douzaine de juges de divers

    pays qui entendront des témoins et des experts. Sur chaque plainte, les

    parties mises en cause juridiquement ou politiquement pourront présenter

    leur défense. En Suisse, le projet est soutenu par de nombreuses personnalités politiques, artistiques et religieuses. (apic/mp)

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