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    Colloque à l’Université de Fribourg

    Suisse: séparation Eglise Etat (110294)

    Fribourg, 11février(APIC) Le thème de la séparation de l’Eglise et de

    l’Etat est à nouveau à l’ordre du jour en Suisse. Après l’échec en votation

    populaire en 1980, les mentalités ont évolué et la discussion a repris notamment à Zurich ou une initiative populaire demandant une telle séparation

    a été lancé. Pour en débattre un colloque a réuni vendredi à l’Université

    de Fribourg une soixantaine de spécialistes du droit ecclésiastique. Organisée par l’Institut de droit canon avec le soutien de la Conférence centrale catholique romaine (RKZ) cette journée a permis de cerner les divers

    aspects de la question, d’ordre juridique, mais aussi finacier et pastoral.

    Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire à Genève, juge innopportun de

    favoriser en Suisse la tendance à la séparation entre l’Eglise et l’Etat.

    Essentiellement parce que la situation actuelle respecte largement

    l’autonomie de l’Eglise et de l’Etat ainsi que le principe du fédéralisme.

    Depuis le pape Léon XIII, à la fin du XIXe siècle, la doctrine catholique

    reconnaît l’indépendance des deux entités et prône des rapports de concorde

    entre elles. Selon Vatican II, la liberté religieuse, exclut une société

    ’théocratique’ mais n’inclut pas nécessairement une séparation totale de

    l’Eglise et de l’Etat.

    Pour Mgr Grab, la discussion sur les rapports Eglise-Etat ne peut éluder

    cependant les questions principales. La première touche le statut des religions non-reconnues comme les musulmans par exemple. On ne peut ensuite aujourd’hui tirer les sources du droit uniquement de l’évolution historique

    de la tradition. Les questions ’tactiques’ c’est-à-dire financière et matérielles ne doivent pas non plus être les seules déterminantes. Même si la

    liberté pour l’Eglise signifie aussi la pauvreté. (Les contributions volontaires à Genève n’atteignent que le tiers de ce rapporterait un impôt ecclésiastique.)

    Sur un plan plus spécifiquement catholique Mgr Grab met en garde contre

    une certaine distorsion de la notion d’Eglise. Le fait que dans la plupart

    des cantons, la souverainneté fiscale appartienne uniquement aux paroisses

    les pousse parfois à se considérer comme de "mini-diocèses", tendant à

    échapper à l’autorité de l’évêque et du pape. L’évêque auxiliaire à Genève

    n’a cependant pas manqué de relever le travail accompli par les autorités

    ecclesiastiques de droit civil.

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