obligent à prendre conscience de la nécessité de l’oecuménisme"
Lausanne, 25janvier(APIC) "L’augmentation du nombre des mariages mixtes
est une interpellation pour les Eglises" estime Mgr Bullet, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et évêque responsable du
mariage et la famille sur le plan suisse au sein de la Conférence des
évêques. Comme l’Office fédéral des Stastistiques vient de l’annoncer, les
mariages mixtes en 1986 se sont élevés à 14.558, en Suisse, alors que les
mariages entre catholiques étaient au nombre de 13.750 et les mariages entre protestants 10.128. A la demande de l’Agence APIC, Mgr Gabriel Bullet a
évoqué les conséquences pastorales des mariages mixtes.
Pour Mgr Bullet, "les mariages mixtes sont le lieu ou la souffrance de
la division est perçue et vécue le plus vivement". Il constate que beaucoup
de ces foyers très engagés et profondément croyants obligent l’Eglise à
prendre conscience de l’urgence et de la nécessité de l’oecuménisme.
L’augmentation du nombre des mariages mixtes peut s’expliquer par le
brassage toujours plus grand des populations. Mais "c’est peut-être, estime
Mgr Bullet, aussi un signe d’une relativisation de la question confessionnelle dans le choix d’un conjoint et d’une volonté de la dépasser sans toujours bien se rendre compte des difficultés inhérentes à tout mariage mixte. C’est peut-être aussi un signe d’une certaine indifférence religieuse
croissante, et ce serait alors un signe inquiétant". En effet, pour Mgr
Bullet l’indifférence religieuse ne peut pas être un chemin d’oecuménisme,
car "un véritable oecuménisme suppose l’enracinement dans la foi et la vie
de son Eglise, accompagné d’une ouverture à l’autre confession." En effet,
Mgr Bullet ne pense pas que l’on puisse parler de double appartenance à une
communauté confessionnelle avec participation plus ou moins grande à la vie
de l’autre communauté.
Ainsi "la pastorale du baptême, de l’enseignement religieux et du mariage religieux, ne peut se penser sans adhésion de chacun des époux et des
enfants à une communauté avec l’ouverture à l’autre. Sinon, on crée une
troisième Eglise ni réformée, ni catholique, et ce serait une impasse du
point de vue oecuménique." Mgr Bullet précise que, compte tenu de cela, des
recherches se font à divers niveaux: groupes de foyers mixtes, commissions
pour l’oecuménisme. D’ailleurs, une récente rencontre de la Commission romande catholique de catéchèse et de la Commission protestante romande
d’éducation chrétienne a donné l’occasion d’aborder ces problèmes et d’envisager un travail commun de recherche.
Au sujet des mariages entre chrétiens et non chrétiens, les difficultés
se posent encore plus durement qu’entre protestants et catholiques. Selon
Mgr Bullet, "ces mariages créent des situations plus difficiles encore, en
particulier les mariages entre chrétiens et musulmans." Une brochure vient
d’ailleurs d’être publiée sur cette question, elle est intitulée: "Mariages
entre catholiques et musulmans en Suisse". (apic/bd)