"Urgence!", des milliers de personnes fuient la violence et la guerre
Lucerne, 9juin(APIC) Cette année, le sabbat et le dimanche des réfugiés
sont placés sous le slogan: "Urgence!". La Fédération des Eglises protestantes de la suisse (FEPS), la Conférence des évêques suisses, l’Eglise
catholique-chrétienne de Suisse et la Fédération suisse des communautés israélites soutiennent cet appel des oeuvres d’entraide engagées dans l’aide
aux réfugiés. Celles-ci souhaitent rappeler que des millions de personnes
de part le monde sont en fuite devant la violence et la guerre.
Ces réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été persécutés pour leur religion, leur appartenance ethnique ou leurs convictions
politiques. Les régimes de leurs pays bafouent impunément les droits fondamentaux de l’homme.
Voici deux ans, une guerre meurtrière a éclaté au centre de l’Europe,
aux portes de la Suisse. Elle continue à déchirer l’Etat pluri-ethnique que
fut la Yougoslavie, causant des dizaines de milliers de victimes, principalement dans la population civile. La Bosnie-Herzégovine est le théâtre
d’atrocités inimaginables: plus de deux millions de personnes, chassées de
chez elles, ont dû prendre le chemin de la fuite. Pour elles, l’accueil en
Croatie voisine est exclu car cette république héberge déjà 700’000 réfugiés. Quant à l’Europe occidentale, elle pratique, face à cette tragédie,
une politique de fermeture et de repli sur soi.
"Un témoin véridique sauve des vies", lit-on dans le livre des proverbes
(14,25). Cela signifie que celui qui assiste à l’injustice et à la violence
a le devoir de rétablir la justice et la dignité humaine. Par conséquent,
celui qui détourne les yeux sous prétexte que tout cela ne le concerne pas
se rend coupable, souligne la déclaration. Le proverbe adresse donc une demande pressante, non seulement à chacune et chacun d’entre nous, mais aussi
à tous les Etats et gouvernements.
La tragédie en ex-Yougoslavie a soulevé dans la population suisse, outre
l’horreur et l’épouvante, une vague de solidarité. Les nombreuses actions
spontanées de communautés politiques et religieuses, de paroisses et de
particuliers, l’ont montré. Cette disponibilité à se porter au secours
d’autrui constitue elle aussi un type de protestation contre cette guerre
absurde et inhumaine.
Les oeuvres d’entraide fournissent une aide sur place. Mais il est possible et nécessaire d’en faire davantage, en Suisse également: le nombre de
requérants d’asile ayant reculé, nous pouvons accueillir près de 10’000 réfugiés bosniaques dans les centres déjà existants, notent les signataires
qui rappellent que "pour leur travail sur place et en suisse, les oeuvres
d’entraide ont besoin de votre soutien." (apic/com/cb)