Suisse romande: un millier de jeunes ont vécu Pâques autrement (020491)
Fribourg, 2avril(APIC) Ils étaient cette année près d’un millier de jeunes de Suisse romande à vivre Pâques "autrement", dans le partage, l’amitié
et la prière. Marches, nuits d’adoration, veillées et célébrations en paroisse leur ont permis de redécouvrir le sens des signes de la liturgie
pascale et d’actualiser le message de Pâques dans leur vie de tous les
jours. Des thèmes divers, des expériences riches de contacts humains, mais
la même démarche: la découverte d’un Dieu fou d’amour pour les hommes et
l’invitation à le suivre en posant des gestes concrets de solidarité et de
partage.
Les jeunes Fribourgeois étaient invités à vivre "Pâques source d’espérance" avec les Jeunesses Chrétiennes Fribourgeoises (JCF) du Centre Shalom
à Echarlens. Accueillis par différentes paroisses de la Gruyère pour les
célébrations de la Semaine sainte, ils ont appris à devenir porteurs
d’espérance. Des ateliers leur permettaient, entre les célébrations, de développer leur créativité en confectionnant des masques, des vitraux ou des
oiseaux en bois. "Monter vers Pâques", c’est aussi prendre le temps de se
rencontrer pour échanger et porter les questions et les espoirs des uns et
des autres: les jeunes l’ont compris et vécu au quotidien durant quatre
jours.
"Pâques source d’espérance si tu choisis, dans ce monde, de vivre le
partage, d’être pain rompu, d’être présent aux autres", car le partage
véritable est communion: telle était l’expérience vécue le jeudi saint. Le
vendredi saint, les jeunes ont médité la Passion de Jésus sur un texte de
Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux, s’arrêtant sur la solitude du condamné et l’attitude de Judas, de Pilate et des femmes au pied de la croix:
n’est-elle pas un peu celle de chacun ? "Pâques source d’espérance pour qui
meurt d’aimer, pour qui fait rouler la pierre de son coeur": une découverte
exprimée par des cailloux, ceux de nos refus, de nos douleurs et de nos
peurs, déposés au pied de la croix, et échangés contre un pot où l’on avait
mis une plante à germer, signe de vie nouvelle.
Le samedi, les jeunes ont rejoint la communauté paroissiale de Bulle
pour la Vigile pascale, créant des contacts enrichissants. Le texte de la
Création de Charles Singer a permis d’approfondir les symboles de la lumière et de l’eau. Le matin de Pâques, les jeunes se sont joints à la communauté des carmélites du Pâquier pour vivre la messe de la Résurrection et
découvrir "Pâques source d’espérance si tu apprends à ressusciter à la suite de Jésus pour être créateur et source de vie avec lui et homme de partage". A l’issue de la célébration, ils ont échangé avec quelques soeurs.
Valais: se dépouiller pour mieux témoigner
15 "montées vers Pâques" étaient proposées aux jeunes Valaisans cette
année. A Sion, les participants se sont rassemblés autour de l’abbé PierreAndré Gauthey, vicaire à la cathédrale, pour vivre les quatre jours du Ressuscité et faire fructifier, au long des célébrations, un arbre, signe de
renouveau. Après le message d’encouragement de l’évêque du diocèse Mgr Henri Schwery, à la messe chrismale du jeudi saint à la cathédrale, les jeunes
ont approfondi les symboles de la Pâque juive et partagé le repas pascal
pour faire connaissance. Le vendredi ils ont rejoint les chanteurs de la
Schola pour écouter un enseignement de l’abbé François-Xavier Amherdt, vice-directeur du séminaire, sur le dépouillement: celui de Jésus dans sa
Passion, mais aussi celui qui est demandé à chacun. Le chemin de croix à
travers la ville, qui a rassemblé la population, et un mime sur le récit de
la Passion furent deux temps forts de prière et de partage.
Le samedi, les jeunes ont réfléchi à leurs peurs et à la violence qu’ils
portent en eux pour les crier... sous les tunnels de l’autoroute en
construction: l’expérience, très concrète, a marqué chacun. Mais la Résurrection, c’est jeter des ponts, c’est faire bourgeonner l’arbre que nous
sommes tous, les jeunes l’ont compris, célébrant la Vigile pascale par le
chant et le mime. Dimanche l’eucharistie les a rassemblés dans l’église du
Sacré-Coeur autour du Ressuscité: invitation à se nourrir de lui pour témoigner de sa présence au quotidien.
A Sierre, onze handicapés mentaux se sont joints aux jeunes pour vivre
Pâques autrement. Cheminer ensemble, découvrir les multiples visages du
Christ à travers les personnes handicapées, retrouver le sens des symboles
de Pâques: autant d’expériences qui ont permis la découverte réciproque,
au-delà des peurs, et le partage dans la différence. Une réussite pour les
participants, mais aussi pour la paroisse de Sainte-Croix, qui les a accueillis pour les célébrations pascales.
Vaud: en union avec les protestants
Les jeunes catholiques vaudois ont aussi fêté Pâques à leur manière: ils
étaient plus de cent à se rassembler à Renens pour vivre une "montée vers
Pâques" sur le thème: "Si tu veux la paix, trouve Sa paix". La paix commence par soi-même, dans le service du prochain: c’est ce que les jeunes ont
expérimenté lors de la célébration de la Cène. Elle est un chemin difficile, semé de refus, qu’ils ont tenté de cerner vendredi au pied de la croix,
après une nuit d’adoration. Comment être artisans de paix ? se sont demandés les jeunes réunis samedi en carrefours, découvrant que la paix est chemin vers l’autre. La Vigile pascale, vivante et priante, a débouché sur une
certitude: on n’est artisan de paix que si l’on trouve la paix intérieure
qui vient de Jésus ressuscité. Alors on est disponible pour témoigner de la
joie, de la lumière, de l’unité, de la vérité et de l’espérance: tel était
le sens du message rédigé par les jeunes à l’issue de leur cheminement commun.
Les jeunes catholiques vaudois ont vécu leur "montée vers Pâques" en
communion avec les protestants, en marche vers Crêt-Bérard: un message commun a été proclamé durant la messe de la Résurrection, témoignant de la foi
en un même Seigneur et d’une volonté de dialogue dans la tolérance et
l’unité. Les communautés espagnole et italienne de Renens se sont également
jointes aux célébrations.
Le Jura a aussi connu ses "montées vers Pâques", sur le thème: "Qui nous
roulera la pierre ?". A Delémont, les jeunes ont organisé un débat public
intitulé "Travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?" L’occasion de
s’interroger sur le stress, la rentabilité et la réussite et de constater
le manque de disponibilité, de communication et de temps pour partager, aimer et faire grandir l’autre à travers un espace qui ne cloisonne pas travail et loisirs et qui laisse sa place à Dieu. (apic/cor)