Suisse romande: Pétition de l’ACAT-Jeunes-Suisse (290492)
enfermés dans des hôpitaux psychiatriques
Fribourg, 29avril(APIC) Au moins 4’300 enfants roumains considérés comme
"irrécupérables" vivent encore "dans des conditions barbares", selon les
mots de l’ancien premier ministre Petre Roman, dans des hôpitaux psychiatriques. Face à cette situation, l’ACAT-Jeunes Suisse (Action des Chrétiens
pour l’Abolition de la Torture) lance dans les paroisses et les
établissements scolaires des cantons de Fribourg, Vaud et Genève une action
en faveur des enfants roumains "sains de corps et d’esprit" qui sont placés
dans de tels établissements psychiatriques appelés "Camine Spital".
L’ACAT considère que la cohabitation de ces enfants avec d’autres très
gravement atteints et les méthodes utilisées dans ces "Camine Spital" affectent leur équilibre physique et moral. Dans un communiqué publié mardi,
l’ACAT-Jeunes-Suisse exige que ces enfants soient orientés vers d’autres
centres mieux adaptés. A l’appui de cette exigence, le mouvement lance dès
maintenant une pétition accompagnée d’une récolte de signatures en Suisse
romande.
En 1990 et 1991, écrit l’ACAT, de nombreuses informations ont dénoncé
les traitements inhumains dont sont victimes les enfants placés dans les
orphelinats et plus spécialement dans les "Camine Spital", réservés aux
"irrécupérables".
Ces derniers sont environ au nombre de 4300, selon les évaluations minimales. Amnesty International (AI) a déjà invité le gouvernement à prendre
des mesures immédiates pour mettre un terme aux mauvais traitements dont
sont victimes les enfants placés dans des instituts psychiatriques. La réaction de certains responsables roumains et l’aide financière étrangère ont
permis d’améliorer plusieurs situations. La Roumanie a ratifié en outre la
Convention des Droits de l’Enfant le 28 septembre 1990.
En juin 1991, cependant, le journal "Viitorul Romanesc" a dénoncé la
torture dont le jeune Constantin Marinescu, agé de moins de 15 ans, venait
d’être victime dans un orphelinat. Quelques mois après, le mineur, victime
de pressions, avait retiré sa plainte. Ayant été chassé de l’orphelinat, il
se trouvait à la rue, totalement démuni. Aucune sanction n’a été prise contre le responsable de ces faits, affirme l’ACAT.
Par ailleurs, continue l’ACAT, "nous savons que des enfants qui ne sont
pas atteints d’un handicap mental sévère, ont été placés "à vie" dans les
"Camine Spital": ils sont voués à une lente destruction du fait des méthodes brutales et inhumaines trop souvent utilisées dans ces établissements
et du fait de leur cohabitation avec des jeunes très gravement atteints".
Une inspection par des spécialistes s’impose d’urgence pour les séparer et
pour leur proposer un traitement approprié, estime l’organisation oecuménique contre la torture. (apic/com/ba)