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    Le rôle de la femme dans l’annonce de l’Evangile

    Suisse romande: Journée mondiale de la mission (111093)

    "Aimons, il y a urgence"

    Fribourg, 11octobre(APIC) En Suisse, l’affiche annonçant le dimanche de

    la mission universelle, célébrée dans le monde entier le 24 octobre, représente Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la Paix 1992. La légende de la photo:

    "Aimons. Il y a urgence". Une manière d’illustrer pour Missio - Oeuvres

    Pontificales Missionnaires (OPM) de Suisse, le thème choisi cette année:

    "Suisse romande: Journée mondiale de la mission (111093) et dans l’instauration du

    Royaume de Dieu".

    Le choix de Rigoberta Menchu n’est-il pas une tentative de récupération

    par l’Eglise d’une femme devenue célèbre par son engagement social et politique au Guatémala et dans toute l’Amérique latine? Missio ne le pense pas,

    car avant d’être mondialement connue, cette Indienne guatémaltèque de la

    province d’El Quiché, fut catéchiste dans son pays et elle continue de puiser dans l’Evangile libérateur son cri pour la justice entre les peuples.

    Des femmes sont d’ailleurs à l’origine de Oeuvres pontificales missionnaires. Pauline-Marie Jaricot, de Lyon, a créé au siècle dernier "La Propagation de la foi". Jeanne et Stéphanie Bigeard ont élargi cet élan en fondant "Saint Pierre Apôtre". Pour soutenir les missionnaires qui partaient

    annoncer l’Evangile dans le monde entier. Cet effort de prière et d’ouverture aux différents peuples, accompagné d’une contribution financière modeste et régulière des catholiques de la base et des paroisses, a permis, à

    la longue, de créer des réseaux de partage et de générosité appréciables.

    Un nouveau regard sur "les missions"

    Depuis que l’évangélisation universelle n’est plus liée à la colonisation des gouvernements européens sur les peuples d’Afrique et d’Asie, le

    regard des chrétiens sur les "missions" a heureusement perdu la dangereuse

    ambiguïté que cette alliance suscitait. On essaye désormais de substituer à

    cette dépendance paternaliste, la notion de membres partenaires. Entre

    Eglises du Nord et du Sud, responsables ensemble de l’évangélisation. Il

    reste que les Eglises "riches" sont appelées à continuer à partager leur

    savoir et leurs richesses, mais en écoutant mieux la vie des jeunes Eglises

    locales dans ce qu’elles ont à dire aux Eglises plus anciennes. Comme le

    dit Jean-Claude Murith, un des animateurs des OPM en Suisse romande: "Nous

    devons prendre conscience qu’il y a un devoir de répartition équitable dans

    l’Eglise universelle. L’idée d’une péréquation des ressources financières

    demeure, pas seulement parce qu’on connait personnellement un missionnaire

    de son village, mais sur le plan de la stricte justice évangélique entre

    communautés vraiment soeurs".

    La collecte de la journée mondiale

    Le dimanche des Missions, une collecte est organisée dans toutes les

    églises et chapelles du monde, dans les pays riches aussi bien que dans les

    pays pauvres. Les montants sont recueillis dans un fonds commun international de solidarité. Les responsables OPM de tous les pays se rencontrent ensuite un fois par an à Rome, pour décider ensemble de la répartition équitable des sommes reçues, en privilégiant les diocèses les plus pauvres. Les

    pays du Nord doivent alors éviter d’imposer leur vision ou les priorités

    pastorales aux pays désargentés. Exigence admise théoriquement par tous,

    mais qui dans une Eglise centralisée, est parfois difficile à concrétiser

    dans les faits. Pour ne prendre qu’un exemple, la décision finale de choisir Rome comme ville du premier Synode africain n’a pas fait que des heureux.

    Missio/OPM de Suisse, dont le secrétariat est à Fribourg, a pu verser en

    1992, une somme de 3’600’000 francs, un peu moins qu’en 1990 par exemple.

    Plus de 2 millions de francs sont allés en Afrique, un demi-million en

    Asie, le reste à l’Amérique latine et à l’Eglise universelle: subvention

    aux diocèses, formation du clergé local, traduction de la Bible, projets en

    faveur de la jeunesse, caisse de retraite pour les prêtres des jeunes Eglises, entre autres.

    Ces innombrales femmes dans l’Eglise...

    Cette année, Rigoberta Menchu (elle sera l’une des invitées de l’Action

    de Carême 1994), par son portrait et son témoignage, invite les chrétiens

    de Suisse à poursuivre l’action des OPM. D’autres innombrables femmes dans

    l’Eglise, moins célébres, invitent les chrétiens à participer à une vision

    renouvelée du monde et de l’humanité, à une nouvelle création qui rejette

    toute discrimation de classe, de race ou de sexe: "Notre monde est malade

    de violence, de rejet, de haine. Il faut aimer tout de suite...il y a urgence!", insiste Soeur Yvonne Dominique, autrefois missionnaire laïque au

    Cameroun avec "Frères sans frontières", actuellement religieuse au monastère de la Visitation à Fribourg. (apic/ba)

    ENCADRE

    "Si les communautés chrétiennes pouvaient rivaliser entre elles en générosité, en imitant ainsi l’exemple des premiers chrétiens qui n’avaient

    "qu’un seul coeur et qu’une âme, nul ne disait sien ce qui lui appartenait,

    mais entre eux tout était commun (Act.4,32). En donnant avec amour, ils

    constatent qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir’ (Act.20,35).

    Leur partage fait jaillir pour l’Eglise une source de communion nouvelle et

    de charité prophétique". (Message du pape Jean Paul II à l’occasion de la

    Journée mondiale des missions).

    ENCADRE

    Quand vous donnez 100 francs à Mission/OPM, environ 80 francs vont aux

    Eglises du monde entier, 12 francs restent en Suisse pour conscientiser nos

    Eglises locales et 8 francs sont affectés à l’administration.

    ENCADRE

    Les Oeuvres pontificales missionnaires ou Missio/OPM (Enfance missionnaire, Propagation de la foi, St Pierre Apôtre et Union missionnaire) ont

    un but commun: promouvoir l’esprit missionnaire universel au sein du Peuple

    de Dieu. Elles apportent au monde catholique l’esprit d’universalité et de

    service de la mission sans lequel il n’y a pas de coopération authentique.

    (Redemptoris Missio No 84)

    Coopérer à la mission veut dire non seulement donner, mais aussi savoir

    recevoir. Toutes les Eglises particulières, jeunes et anciennes, sont appelées à donner et à recevoir pour la mission universelle et aucune ne doit

    se replier sur elle-même. (No 85)

    Les peuples ont tendance à se rapprocher progressivement des idéaux et

    des valeurs évangéliques, tendance que l’Eglise s’efforce de favoriser. Aujourd’hui se manifeste parmi les peuples une convergence à l’égard de ces

    valeurs: le refus de la violence et de la guerre, le respect de la personne

    humaine et de ses droits, la soif de liberté, de justice et de fraternité,

    la tendance à surmonter les racismes et les nationalismes, l’affirmation de

    la dignité de la femme et sa valorisation. (No 86) (apic/ba)

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