Suisse romande: événements de Coire: des prêtres (250690)
Fribourg 25juin(APIC) Cinq prêtres diocésains travaillant dans les cantons de Neuchâtel et du Jura, les abbés Gabriel Aubry de St-Imier, André
Duruz de la Chaux-de-Fonds, Bernard Miserez, de Porrentruy, Jean-Marie Pasquier de Neuchâtel, et Justin Rossé de Delémont, rendent publique une lettre qu’ils ont envoyée la semaine dernière à leurs évêques et au nonce apostolique pour leur faire part de leurs réflexions au sujet de la grave crise qui secoue actuellement l’Eglise catholique en Suisse au sujet de la nomination controversée de Mgr Haas. Ils s’interrogent d’abord sur leur propre manière d’user de la parcelle d’autorité dont le ministère sacerdotal
est investi. Elargissant leur interrogation, ils abordent la manière dont
s’exerce aujourd’hui l’autorité dans l’Eglise catholique, spécialement en
matière de nominations d’évêques, non seulement à Coire, mais aussi dans le
monde entier. Dans leur lettre, ils plaident en faveur du respect de la
dignité et de la responsabilité des fidèles -laïcs et prêtres- dans
l’esprit de communion et de participation qu’a voulu instaurer le Concile
Vatican II.
Au terme d’une journée de prière et de réflexion, les signataires ont
estimé devoir exprimer, comme prêtres de Suisse romande, leurs interrogations et préoccupations à propos des événements qui affectent si gravement
la vie de l’Eglise dans le diocèse de Coire. S’interrogeant d’abord sur
eux-mêmes, ils s’expriment ainsi: "Ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi,
quand nous avons à prendre ou à préparer des décisions concernant la communauté, d’imposer nos points de vue ou options, sans prendre suffisamment
en compte l’avis de tous les autres, sans écouter vraiment la voix des
laïcs, même les plus engagés, les contraignant ainsi à subir parfois des
décisions encore trop cléricales?"
Inquiétude non seulement locale mais mondiale
Sur la manière dont se font actuellement les nomination d’évêques dans
l’Eglise catholique ils s’interrogent aussi avec inquiétude: "Pas seulement
à Coire ou dans notre petite Helvétie, mais un peu partout dans le monde.
Sans parler des difficultés intervenues en plusieurs pays d’Europe, on songe avec tristesse aux successions de Dom Helder Camara à Recife et de Mgr
Leonidas Proano, à Riobamba . Mais les communautés de base du Brésil et les
indiens de l’Equateur n’ont pas les moyens des catholiques zurichois pour
faire entendre leur voix. Elle doit être écoutée".
Les prêtres signataires ajoutent: " Le ministère est un don du Christ à
son Eglise, mais le peuple de Dieu tout entier doit pouvoir s’ouvrir à ce
don, conformément à la tradition de l’Eglise ancienne, où il eût été impensable que l’on impose un évêque à son peuple."
La lettre s’achève sur un cri d’espoir: "Que renaisse la confiance, que
l’emporte l’espérance! Mais pour cela ayons le courage de nous réformer
nous-mêmes. Il y va de la crédibilité de cet Evangile que nous annonçons."
(apic/com/ba)