Les initiateurs évaluent les premiers résultats
Fribourg, 1er avril(APIC) Près du quart des ménages de Suisse romande ont
déjà eu recours au petit crédit. C’est dire l’ampleur du phénomème et
l’utilité de la campagne de conscientisation lancée à la fin de l’année
dernière par Caritas, le Centre social protestant (CSP) et la Fédération
romande des consommatrices (FRC). Les trois organismes ont présenté mercredi dans plusieurs villes de Suisse romande un premier bilan chiffré de la
campagne. Elles constatent que si l’impact de la campagne mesuré par un
sondage peut être jugé plutôt bon, beaucoup reste encore à faire pour prévenir les dangers du surendettement.
"Un père de famille de deux enfants, au chômage depuis peu, est venu me
voir hier, témoigne Jeannette Bossy, collaboratrice à Caritas, il a touché
1’800 francs d’indemnités pour le mois de mars. Il devrait rembourser 1’500
francs par mois pour plusieurs petits crédits." "Les cas de surendettement
forment le 47% du total des cas traités par les services sociaux de Caritas, et du Centre social protestant. Ils représentent 80% de notre travail".
L’institut IPSO de Genève a effectué un sondage téléphonique auprès de
600 personnes pour mesurer l’impact de la campagne menée du 15 octobre au
15 décembre 1991. La campagne, budgetée à 169’000 francs, a consisté en un
affichage public dans toute la Suisse romande, des annonces dans la presse,
la distribution de 216’000 dépliants dans les ménages, l’encartage de
185’000 prospectus dans un journal TV et des annonces dias dans les cinémas. Plusieurs écoles et entreprises ont également distribué le prospectus
à leurs élèves ou leurs salariés. Migros Marin, par exemple, a joint le dépliant à toutes les fiches de paie. Les dépliants on en outre été mis à
disposition dans de nombreux lieux publics, dans les hôpitaux, chez les médecins etc. Le public cible de la campagne était les 20-35 ans, principaux
clients du petit crédit. Le financement a été assuré par les trois organismes, et par un appel de fonds aux entreprises et aux collectivités publiques. Le Conseil d’Etat du canton de Fribourg a ainsi accordé 1’000 francs.
La campagne est restée très modeste face aux 40 millions de francs que consacrent annuellement les banques au budget publicitaire pour le petit crédit.
Une campagne qui atteint son public-cible
17,5% des personnes interrogées ont remarqué la campagne. La presse a
été le premier moyen d’information, mais les jeunes générations ont été
plus sensibles à l’affichage. L’affiche était bien compréhensible surtout
pour le public cible. Le slogan "Petit crédit, réfléchissez avant!" pertinent et facile à retenir, obtient un excellent score, puisque la moitié des
personnes interrogées l’a lu ou entendu.
Le sondage s’est aussi interressé à l’opinion des gens sur le petit crédit: 73% pensent qu’il n’est pas une solution en cas de difficultés financières. 25% y sont par contre plus ou moins favorables. Parmi les partisans
du petit crédit, les jeunes de 16 à 34 ans sont deux fois plus nombreux que
leurs ainés.
Les résultats présentés, mais surtout les situations concrètes auxquelles les oeuvres d’aide sociale sont confrontées les incitent fortement à
poursuivre l’action dans ce sens là. La prochaine étape dans le canton de
Fribourg sera la distribution de la documentation dans les écoles professionnelles. On attend en outre avec impatience la traduction française de
la vaste enquête menée sur ce sujet par Caritas suisse et publiée en
allemand au début du mois de mars. Tant la FRC, Caritas que le CSP s’engagent en outre à poursuivre la lutte au niveau législatif pour limiter les
abus et les coûts sociaux du petit crédit. (apic/mp)