Suisse romande: Association d’éthiciens dissoute (150790)
Lausanne, 15juillet(APIC) L’Association des théologiens pour l’étude de
la morale en Suisse romande (ATEM SR) a joué son rôle de précurseur et
d’initiateur de la réflexion éthique lorsque l’éthique n’était pas encore
dans toutes les bouches. Elle peut maintenant se retirer, sachant que d’autres ont repris le flambeau de la réflexion. L’association est donc dissoute et ses fonds répartis entre plusieurs autres projets. C’est ce que vient
d’annoncer son secrétaire, le pasteur vaudois Jean-Marie Thévoz.
L’Association des théologiens pour l’étude de la morale en Suisse romande a oeuvré dans de nombreux domaines, éditant depuis 1983 cinq Cahiers
pour l’éthique. Les thèmes de ces cahiers concernent tant les droits de
l’homme que la fécondation in vitro ou l’économie. Mais les éthiciens romands se sont peu engagés dans des projets locaux et les volontaires pour
reprendre le travail de l’équipe organisatrice de l’ATEM SR ont été peu
nombreux. Le professeur Denis Müller, nouveau professeur d’éthique de la
Faculté de théologie de l’Université de lausanne, et quelques assistants,
ont étudié la possibilité et l’opportunité de reprendre le flambeau. Il
leur est apparu que le rôle de l’ATEM SR avait été repris par diverses organisations, la préoccupation éthique se développant en divers lieux: Fribourg avec Patrice Meyer-Bisch pour les droits de l’homme, la Société suisse d’éthique biomédicale pour la bioéthique, les colloques et semaines interdisciplinaires des Facultés de théologie romandes.
L’ATEM SR en tant que telle n’avait plus les raisons d’être qui avaient
présidé à sa création. "Mais ce n’est pas pour autant que nous allons cesser de faire de l’éthique en Suisse romande", précise le secrétaire de
l’ATEM SR, Jean-Marie Thévoz. "les éthiciens sont sollicités par des praticiens sur le plan local et dans des domaines spécifiques, ce qui les rend
moins disponibles pour une éthique fondamentale et générale. Il aurait donc
fallu constituer des groupes et coordonner leurs travaux, ce qui était une
tâche difficile. D’autre part, il aurait été nécessaire de changer le nom
de l’ATEM, car il faut un certain courage à un non-théologien pour entrer
dans une association de théologiens. Or l’éthique n’est plus réservée à
quelques spécialistes".
Il aurait fallu reprendre à zéro une organisation dont la nécessité ne
semblait plus s’imposer. Les responsables ont estimé qu’il valait mieux
suspendre les activités de l’ATEM SR. Cependant l’ATEM internationale
existe toujours et, en Suisse romande, divers projets sont en cours.
L’argent provenant de la dissolution sera réparti entre la traduction du
livre d’Arthur Rich "Wirtschaftsethik" sous la direction de Denis Müller,
la Société suisse d’éthique biomédicale et la poursuite de la publication
des Cahiers pour l’éthique. (apic/spp/gar)