Genève, 8novembre(APIC) Plus de 6’000 personnes ont déjà accepté de fermer leur compte ou de ne pas en ouvrir dans les trois grandes banques suisses (UBS, SBS, CS), ceci dans le cadre de la campagne "Pas un sous pour
l’apartheid" lancée en novembre 1988, sous l’égide du Mouvement AntiApartheid (MAAS), de "L’Action boycott de l’Afrique du Sud" et de "L’Action
place financière suisse".
La Campagne "Pas un sou pour l’apartheid" s’est fixé pour principal objectif d’inciter les habitants de Suisse à retirer leur compte auprès d’une
des trois grandes banques suisses et de refuser de payer toute facture par
l’intermédiaire d’une de ces banques aussi longtemps que ces dernières refusent de reconsidérer leurs relations avec le régime d’apartheid. Elle demande aussi au public de ne pas acheter de Krugerrands (pièce d’or sudafricaine).
Malheureusement, l’accord intervenu le 18 octobre selon lequel les grandes banques créditrices de l’Afrique du Sud (dont les banques suisses) se
sont mises d’accord pour rééchelonner le remboursement de 8 milliards de
dollards de sa dette a plongé les milieux anti-apartheid dans la consternation. "Chaque fois que le mouvement international pour des sanctions et le
boycott a mis en péril le régine de l’apartheid (Décision des Etats-Unis de
ne plus accorder de crédit, moratoire,...), l’UBS toujours fidèle volait au
secours de l’Afrique du Sud", relève le MAAS.
De fait la population suisse est assez sensible à ce qui se passe en
Afrique du Sud. A ce sujet, on peut rappeler qu’à l’issue de l’émission
"Table ouverte" sur les relations bancaires entre la Suisse et l’Afrique du
Sud, réalisée en juin 1989, un sondage téléphonique a été effectué. A la
question "La Suisse devrait-elle prendre des mesures contre l’Afrique du
Sud?", 68% des gens interrogés ont répondu affirmativement (50% seulement
pour la Suisse alémanique). Bien que la prudence soit de mise à l’égard de
ce type de sondage, cela représente néanmoins un élément très encourageant
pour les mouvements anti-apartheid suisses. (apic/pe/bd)