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    Des propositions inhumaines et absurdes, selon l’OSEO

    Suisse: Rétorsion touchant l’aide au développement proposée par une Commission

    Lausanne, 20 novembre 2003 (Apic) L’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) estime totalement irresponsable de menacer de couper l’aide au développement aux Etats refusant de recueillir leurs ressortissants déboutés en Suisse. C’est pourtant ce que propose la Commission des institutions politiques du Conseil national. L’OSEO s’insurge contre cette restriction de la loi sur l’asile.

    Lier le droit d’asile à l’aide au développement est "inhumain et absurde", s’indigne l’OSEO, fondée par le PSS et l’USS, à propos de la proposition de la Commission des institutions politiques du Conseil national. L’oeuvre ajoute: "L’objectif principal de la coopération au développement est la lutte contre la pauvreté". Les oeuvres d’entraide, mettent l’accent sur le caractère durable de leurs programmes. Si les propositions de la Commission passent la rampe au parlement, "cette épée de Damoclès rendra impossible toute planification à long terme".

    Dans un communiqué publié à Lausanne, l’OSEO cite l’exemple du Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, où elle dirige des programmes d’alphabétisation et un projet pilote d’éducation bilingue dans 66 écoles comptant 5550 élèves. "Le gouvernement a décidé cette année d’introduire ce système éducatif dans les écoles publiques. Grâce à une meilleure formation scolaire, les jeunes Burkinabé pourront améliorer leurs conditions de vie dans leur pays. Si la coopération au développement avait été bloquée, cette refonte complète du système scolaire n’aurait jamais vu le jour".

    Des mesures de rétorsion touchant les plus pauvres

    Si les propositions de la Commission sont réalisées, les mesures de rétorsion touchant la coopération au développement puniront les plus pauvres et non les dirigeants, dit en substance l’OSEO, qui y voit "une forme de punition collective insupportable sur le plan moral et juridique".

    Cette mesure, estime encore l’oeuvre, toucherait arbitrairement les seuls pays prioritaires de la coopération au développement de la Confédération. En outre "une aide irrégulière, motivée par des considérations de politique nationale, ne pourrait être que dommageable pour la réputation de la Suisse auprès de la communauté internationale".

    Enfin, la pauvreté et le manque de perspectives sont souvent ce qui pousse les gens à quitter leur pays, constate l’OSEO. Pour elle, "la réduction de l’aide au développement ne ferait qu’aggraver l’émigration des régions pauvres du monde".

    L’OSEO demande en conclusion au parlement de "refuser de cautionner ce lien inhumain et absurde entre le droit d’asile et la coopération au développement". (apic/com/vb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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