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    Déclaration commune des trois Eglises suisses: inquiétudes

    Suisse: Renvoi des réfugiés de Bosnie et du Kosovo

    Berne, 6 mai 1998 (APIC) Pour environ 9’000 réfugiés de la violence bosniaques, le délai de départ expirait le 30 avril. Le Conseil fédéral estimant que le moment du retour "dans la sécurité et la dignité" est arrivé. Un avis que ne partagent pas le pasteur Heinrich Rusterholz, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques suisses (CES) ainsi que l’évêque catholique-chrétien Hans Gerny. Dans une déclaration publiée en commun le 6 mai, ils contestent l’appréciation du Conseil fédéral sur la situation en Bosnie-Herzégovine et demandent que l’on sursoie aux renvois.

    Les trois responsables ecclésiastiques suisses sont néanmoins d’accord avec le Conseil fédéral pour dire qu’il faut encourager les retours volontaires. Cependant, disent-ils, ce retour n’est pas possible pour tous. Les accords de Dayton prévoyaient le retour au lieu d’origine, un retour qui ne peut toujours pas être garanti. Par ailleurs, des exactions ont eu lieu récemment contre les réfugiés qui rentraient chez eux. En bien des endroits, ceux-ci doivent subir les discriminations de la population locale, notent-ils.

    La plupart des Bosniaques qui vivent en Suisse ont eu à surmonter des événements traumatisants. Pour beaucoup, un nouveau traumatisme, engendre par un retour force, ne serait pas supportable. Le président de la FEPS, le président de la CES et l’évêque catholique-chrétien considèrent qu’il est essentiel de respecter la dignité humaine des personnes concernées. "La situation sur place confirme les difficultés que risquent de rencontrer certains groupes de personnes, comme les femmes élevant seules des enfants mineurs ou les couples ethniquement mixtes en cas de retour forcé", déclarent-ils, ajoutant que le retour des malades, des personnes handicapées ou des jeunes en formation n’est "humainement pas responsable au vu de la situation difficile" qui règne en Bosnie-Herzégovine.

    Les trois responsables d’Eglise en appellent à la Confédération et demandent que l’on sursoie aux renvois généralisés jusqu’à ce que la situation en Bosnie-Herzégovine se soit améliorée pour ceux qui rentrent au pays et que leur sécurité soit garantie. Et d’affirmer: "Ceux et celles pour lesquels un retour ne peut être envisagé au vu de la situation décrite, doivent recevoir un permis humanitaire". Le président de la FEPS, le président de la CES et l’évêque catholique-chrétien se disent "très inquiets de la situation de crise qui s’aggrave au Kosovo". Ils demandent au gouvernement de ne pas entreprendre de renvoi jusqu’à nouvel ordre. De plus, ils appellent instamment les Eglises orthodoxes et les autres Eglises locales à poursuivre leurs efforts en vue de trouver une solution pacifique aux conflits. (apic/spp/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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