Suisse: rapport de l’aumônerie de l’armée 1991 (150492)
Berne, 15avril(APIC) 1991 a été une année sans école d’aumôniers. Malgré
de gros efforts, les tentatives de recrutement se heurtent très souvent au
refus de prêtres et de pasteurs qui pourraient exercer ce ministère. C’est
ce qui ressort principalement du rapport de l’aumônerie de l’armée 1991,
publié récemment par l’Office fédéral de l’adjudance.
Le rapport identifie la raison principale de cette situation dans l’article 13 de la loi sur l’organisation militaire qui permet aux ecclésiastiques de bénéficier quasi-automatiquement de l’exemption du service militaire. Les candidats arguent presque toujours qu’ils préfèrent consacrer tout
leur temps à leur activité pastorale "civile". Les responsables de l’aumônerie souhaitent que les candidats soient "encouragés" de manière plus
claire et plus ferme par leurs Eglises.
Les statistiques 1991 montrent un déficit de 80 aumôniers protestants
pour un total de 278 aumôniers actifs et un manque de 137 aumôniers catholiques pour un total de 199 aumôniers actifs. Pour l’année 1992, 35
candidats participeront à l’école d’aumôniers. L’"armée 95" nécessitera
aussi une centaine d’aumôniers militaires de moins, mais le problème ne
sera pas pour autant résolu.
Paradoxalement Ecône et les différentes confessions évangéliques minoritaires viennent frapper à la porte de l’aumônerie militaire en disant:
"Nous avons les gens qu’il faut". Pour les auteurs du rapport, il s’agit
d’une curieuse situation où les Eglises historiques refusent d’occuper le
terrain qui leur est offert. Une commission regroupant les représentants du
Département militaire fédéral, de la Fédération des Eglises protestantes de
la Suisse et de la Conférence des évêques suisses étudie actuellement la
question.
L’aumônier militaire reste un observateur privilégié des tendancces actuelles de la société. A la lecture des différents rapports, on remarque
deux tendances: Une "déconfessionalisation" pour une grande partie des soldats et des cadres; les catégories confessionnelles ne semblent plus guère
avoir de sens. "Sait-on encore ce que signifie être catholique ou être protestant"?, s’interrogent les aumôniers qui constatent une tranquille indifférence. Cependant d’un autre côté, on assiste à une montée de tendances de
nature sectaire, intégriste ou fondamentaliste. Mais la demande d’assistance sprirituelle, de dialogue pastoral ou d’accompagnement dans le cheminement éthique ne faiblit pas. L’expérience montre qu’on aime s’adresser à
l’aumônier et qu’on apprécie ses qualités de dialogue et d’amitié.
Une grande partie des rapports des aumôniers fait part aussi de l’incertitude croissante des soldats au sujet de la nécessité d’une armée. Ne
devrait-on pas aller vers une armée de métier? A l’époque de l’ouverture à
l’Europe, que signifie une défense nationale indépendante? Ne faut-il pas
envisager ces questions dans une perspective plus internationale? Il est
nécessaire d’écouter ces questions et d’y répondre, estiment les aumôniers
militaires.
Enfin les aumôniers militaires soignent les contacts internationaux
puisqu’ils ont envoyé des délégations à une dizaine de rassemblements internationaux de militaires ou d’aumôniers militaires. (apic/mp)