Une nouvelle brochure de Justice et Paix
Pas de mot d’ordre pour le 17 mai
Berne, 25 mars(APIC) Au moment où le peuple suisse s’interroge sur la biogénétique - il devra se prononcer le 17 mai sur le contre-projet des chambres fédérales à l’initiative du "Beobachter" -, "Justice et Paix" apporte
un outil d’information et de réflexion sur ce thème d’importance vitale. La
Commission nationale suisse "Justice et Paix" de la Conférence des évêques
suisses ne donne pas de mot d’ordre en vue du 17 mai, mais offre des critères éthiques pour former le jugement dans sa nouvelle brochure rendue publique mercredi et portant le titre "Quel génie? Ethique et génie génétique"
Le génie génétique suscite d’énormes espoirs (ce sera la clé du monde
idéal, sans faim ni maladie...) en même temps qu’il éveille de profondes
craintes (et voici les monstres engendrés par de nouveaux Dr. Folamour ou
Frankenstein...) Au-delà des a-priori pour ou contre les "manipulations génétiques", quelles sont les réelles possibilités de cette technologie?
Quelle approche éthique peut-on faire du génie génétique et quelle intervention de l’Etat est souhaitable pour réglementer ses applications? Telles
sont les questions auxquelles s’efforcent de répondre les membres du groupe
de travail "bioéthique" de "Justice et Paix" après de nombreux échanges
avec divers spécialistes du génie génétique.
Dans un premier chapitre, l’étude présente les arguments des milieux qui
voient dans le génie génétique un grand progrès ainsi que ceux des opposants qui craignent les risques et les conséquences imprévisibles d’un tel
développement. Se distançant de ces positions souvent tranchées, le deuxième chapitre présente l’état actuel de la recherche et de ses applications.
L’étude clarifie les concepts et délimite ce qu’il est possible d’attendre
du génie génétique en l’état actuel des connaissances.
Les questions éthiques sont abordées dans le troisième chapitre. Les
craintes doivent être prises au sérieux car les risques sont réels. Les auteurs de l’étude proposent deux critères de base: le respect de la dignité
humaine et la valeur propre de la nature non humaine. Si l’homme est le gérant de la nature, il ne dispose pas de tous les droits. La nature comme
l’homme sont créatures de Dieu. Mais l’homme créé à l’image de Dieu est
également créateur. C’est dire que la nature n’est pas en tant que telle
une norme contraignante en elle-même, elle ne peut pas servir de norme
éthique pour évaluer le génie génétique. Mais les interventions humaines
dans la nature doivent tenir compte à la fois de la valeur propre de celleci et du respect de la dignité humaine, tant dans les objectifs visés que
dans les moyens utilisés.
En fonction de ces critères, l’étude - c’est l’objet du quatrième chapitre - pose un regard critique sur les applications du génie génétique: le
diagnostic pré-natal, le traitement des maladies génétiques, l’utilisation
de micro-organismes, de plantes et d’animaux modifiés génétiquement.
Il appartient à l’Etat de légiférer
Le dernier chapitre est consacré aux aspects juridiques de la question.
Le bien commun étant en jeu, il appartient effectivement à l’Etat, c’est-àdire à la Confédération, de légiférer dans le domaine. L’auto-régulation
des médecins, des chercheurs et des industriels n’est pas suffisante. Dans
un domaine tel que la protection par brevets, la Commission "Justice et
Paix" relève que la propriété intellectuelle comporte des responsabilités
sociales et qu’une situation de monopole sur une lignée d’êtres vivants serait contraire à la justice. (apic/com/mp)
(La brochure est disponible en français, allemand et italien au prix de 12
francs auprès de "Justice et Paix", Case postale 6872, 3001 Berne)