Suisse: quand Frère Nicolas devient un aristocrate zurichois (210193)
sur la Suisse sans jamais oser le demander
Fribourg, 21janvier(APIC) Saviez-vous que Nicolas de Flue, le patron vénéré de la Suisse, était un riche aristocrate zurichois qui s’est défait de
sa fortune pour vivre comme ermite? Non? c’est donc que vous n’avez pas lu
la seconde édition de "l’APA guide Schweiz" publié en Allemagne. Un ouvrage
touristico-folklorique que qui nous apprend tout ce que nous autres Suisses
devrions connaître depuis toujours. Vous préférez l’Emmental au Gruyère?
Vous devez alors savoir que plus les trous sont symétriques, meilleur est
le fromage. Un certain Rowlinson Carter l’affirme. Chargé "d’actualiser"
l’"APA guide" paru en l’année jubilaire de 1991, ce champion de la perle
toute catégories n’hésite pas à mettre en pièce tout ce qui fait la Suisse
depuis 1291, comme le rapporte récemment un quotidien zurichois.
Traiter notre saint du pays d’Obwald de zurichois est au mieux une
insulte, au pire un blasphème. Mais notre guide ne s’arrête pas en si bon
chemin et nous sert encore quelques perles de la meilleure eau. Restons
dans le domaine historique pour apprendre que, pendant des siècles, le
service mercenaire fut la base de l’économie et qu’aujourd’hui, Genève et
la (sic) Jura fabriquent des montres...
Au chapitre des langues, les romands montreront un peu plus de "compréhension" en apprenant que le schwyzerdütsch est un dialecte non officiel
que personne ne comprend en Allemagne (et ailleurs...ndlr); qu’une personne
qui parle avec l’accent zurichois est immédiatemment classée comme agressive. Certes les Suisses lisent le bon allemand, mais parlent le haut-alémanique, un dialecte qui est usuel dans les hautes Alpes. Ils comprennent
bien le moyen-alémanique qui lui, est parlé dans les vallées - l’inverse
fonctionne également. Quant au romanche, il fut élevé au rang de langue nationale en 1938 pour affaiblir Mussolini. Le romanche, dit l’auteur, correspond à l’italien, ce qui donnait automatiquement à l’Italie la possibilité d’annexer les parties romanches des Grisons.
Autre revélation fracassante: les "welsches" - terme qui jusqu’à la parution du guide désignait "affectueusement" les romands - sont les Suissesallemands. "Car les francophones se distinguent de ceux qui sont resté fidèles à l’alémanique et que l’on appelle welsches.
Selon le guide, la population francophone se concentre dans cinq cantons
autour de Genève, Lausanne et Neuchâtel. Les Valaisans, les Fribourgeois,
les Jurassiens et quelques Bernois fourbissent déjà leurs armes pour repartir en guerre, soyez-en sûrs!
A boire et à manger!
Au chapitre de la table, il y a à boire et à manger. Les grands restaurants sont en mains allemandes (heureusement pour nous). Les plus petits
d’entre eux, éloignés des grands axes de circulations, sont tenus par des
indigènes. Les Suisses sont des goinfres, c’est bien connu. Surtout le "légendaire évêque de Horburg" que l’auteur introduit avec fracas au panthéon
des héros nationaux. Horburg comme les autres mangent évidemment des röstis
c’est-à-dire des pommes de terre coupées en dés, rôties et mises au four;
recette que les romands appellent le gratin. La fondue comme la raclette
ont des origines fort lointaines: des paysans, bloqués dans les Alpes par
la tempête, firent fondre du fromage et le mélangèrent avec du lait, puis
les habitants du Valais affinèrent la méthode en versant le fromage fondu
sur des pommes de terre. Si vous persistez à manger votre fondue ou votre
raclette avec du pain, des pommes de terre, des cornichons et des petits
oignons, vous êtes totalement dans l’erreur... il faut les manger avec ...
du fromage. Lors de votre procahine visite chez chez votre fromager, n’oubliez pas votre ruban métrique. L’auteur est catégorique: plus ses trous
sont symétriques, meilleur est votre Emmental.
Reste que si les trous de votre fromage sont aussi étendus que ceux de
la culture de Monsieur Carter, vous n’aurez plus grand chose à vous mettre
sous la dent! (apic/mp)