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    Prise de position de Justice et Paix et

    Suisse: protéger les animaux et les plantes par un brevet? (110293)

    de la Commision d’éthique sociale de la FEPS

    Berne/Lausanne, 11février(APIC) En mai 1992, l’Organisation européenne

    des brevets à Munich a pour la première fois accordé un brevet pour un mammifère: la souris oncogène de Harvard ou ’souris cancéreuse’. Cet octroi

    crée un précédent: Il sera possible dorénavant de breveter des animaux modifiés par génie génétique pour empêcher leur exploitation économique par

    des tiers pendant vingt ans. Dans une prise de position commune, Justice et

    Paix et la commission d’éthique sociale de la FEPS rejettent cette procédure. Elles estiment qu’il ne devrait pas être possible d’étendre une forme

    de droit donnée à des domaines totalement nouveaux sans un débat public et

    une décision prise de manière démocratique.

    Jusqu’à présent le droit des brevets privilégiait des critères techniques comme la nouveauté et l’utilité d’une invention. Ces dispositions purement techniques se sont étendues ces dernières années de la matière nonvivante à des micro-organismes modifiés par génie génétique en 1981 ainsi

    qu’à des plantes en 1989. Les deux organisations rejettent l’extension de

    la protection d’organismes vivants par un brevet. Elles avancent six motifs.

    Le "droit à l’accès des ressources génétique" doit être garanti pour

    tous. Il est anormal qu’une plante ou un animal puisse devenir pendant

    vingt ans la propriété absolue d’un inventeur.

    La justice exige un commerce équitable entre le Nord et le Sud. Par des

    brevets sur les organismes vivants les pays riches augmenteront encore leur

    pouvoir économique, remarquent les organisations.

    Le danger écologique des monocultures est encore renforcé par l’octroi

    de brevets. Dans toutes les religions et les cultures, relève le document,

    les animaux ont droit à un véritable respect. Avec un brevet sur la matière

    vivante, le rapport de propriété d’un animal devient tout différent et bafoue ce respect traditionnel.

    Les organisations notent en outre que les brevets ont toujours protégé

    des inventions mais pas des découvertes scientifiques. Le développement

    d’un nouvelle manipulation génétique constitue une invention. Mais cette

    invention va se transmettre naturellement par la voie de la reproduction.

    Il est difficile de concevoir pour quelles raisons un brevet pourrait

    s’étendre à tous les descendants d’une plante ou d’un animal.

    Les plantes destinées à être modifiées génétiquement proviennent souvent

    de pays du tiers monde où elles ont été développées pendant des siècles par

    les agriculteurs. Si on accorde des brevets aux plantes ou aux animaux modifiés génétiquement, il serait juste de dédommager également les paysans

    du tiers monde.

    En conclusion Justice et Paix et la Commision d’éthique sociale de la

    FEPS estiment qu’il faut choisir des mesures de protection moins exclusives

    que celles d’un brevet: comme celles concernant la protection d’obtentions

    végétales. (apic/com/mp)

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