L’ambassadeur d’Israël va-t-il annuler sa visite à cette association?
Berne/Thoune, 3novembre(APIC) Yehuda Horam, le nouvel ambassadeur d’Israël en Suisse qui présentera ses lettres de créance le 18 novembre, doit
visiter l’association "Pro Israël" le 4 décembre prochain. Cette association, dont le siège est à Thoune, rassemble quelques milliers de chrétiens
sionistes, essentiellement en Suisse alémanique. Elle affirme distribuer
des Nouveaux Testaments en Israël à des juifs et à des musulmans. Même s’il
n’y a pas de lois en Israël qui interdise formellement la distribution de
Nouveaux Testaments, des règlements tendent à y limiter le travail missionnaire. La visite de l’ambassadeur à l’association pourrait peut être ainsi
remise en cause.
Pour "Pro Israël", il est toujours possible de distribuer des Nouveaux
Testaments en Israël, "pas officiellement, mais par des canaux différents".
"Puisque c’est possible en Russie et en Chine, pourquoi pas en Israël", a
déclaré à l’agence APIC Werner Scherrer, le responsable de "Pro Israël".
"Pro Israël" organise également des voyages en Israël et y apporte une aide
sociale aux plus démunis. Elle est pour le moment répandue principalement
en Suisse alémanique pour des raisons de langue. Les membres de "Pro Israël", qui seraient plusieurs milliers, sont en majorité d’origine protestante et de tendance plutôt fondamentaliste. Ils se basent sur la Bible
pour motiver leur idéal sioniste. Il voient dans l’établissement de l’Etat
d’Israël la réalisation d’une promesse divine.
A l’ambassade d’Israël à Berne, on déclare à l’agence APIC que "s’il
était prouvé que "Pro Israël" est une association qui se reconnaîtrait un
caractère missionnaire, cela pourrait éventuellement remettre les choses en
question" pour la prochaine visite de l’ambassadeur. Selon l’ambassade, les
réglements qui tendent à limiter le travail missionnaire en Israël sont
dictés "par une question de respect mutuel entre les religions". En outre,
la loi israélienne n’interdit pas à un Israélien quelle que soit sa religion de détenir le Nouveau Testament, souligne-t-on à l’ambassade. Rappelons cependant que le ministre de l’éducation et de la culture Itzhak Navon
a envoyé l’an dernier aux écoles et collèges d’Israël une ordonnance qui
interdit l’usage des Bibles qui contiennent, en un seul volume, l’Ancien et
le Nouveau Testament. L’enseignement simultané des deux Testaments, dans
les cours de Bible, a également été prohibé. A la suite de la victoire des
partis religieux aux dernières élections, il se peut que les règlements
restrictifs en vigueur soient encore renforcés au détriment des confessions
minoritaires. (apic/bd)