Suisse: Plus de permis humanitaires pour requérants d’asile ? (180291)
Berne/Fribourg, 18février(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES)
et le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS)
s’élèvent contre le "caractère restrictif" des nouvelles directives du Département fédéral de justice et police (DFJP) concernant l’octroi de permis
de séjour humanitaires et demandent leur annulation. Les Eglises craignent
que ces permis ne soient désormais plus délivrés, avec le risque de causer
"de nombreuses tragédies humaines".
Dans une lettre au conseiller fédéral Arnold Koller, les représentants
des deux Eglises nationales soulignent que ces mesures équivalent en fait à
refuser dorénavant tout permis humanitaire aux requérants d’asile. Ce qui
leur paraît totalement contre-indiqué en ce moment où précisément les dossiers en retard s’accumulent comme jamais et où il faudrait avant tout alléger la tâche de l’administration.
Le Conseil de la FEPS et la CES saluent le fait que les cantons puissent
accorder un permis de séjour aux requérants d’asile dont la demande a été
déposée depuis plus de quatre ans sans avoir été traitée. Ils ne sont cependant pas d’accord que cette mesure fasse l’objet d’une forte limitation,
rendant impossible une solution différenciée pour les dossiers vieux de
plusieurs années. Au terme des nouvelles directives en effet, ni la durée
du séjour en Suisse ni la situation familiale et scolaire ni la bonne intégration professionnelle des intéressés ne seront déterminantes pour l’octroi d’un permis de séjour humanitaire. Celui-ci ne sera accordé qu’en cas
de "raisons médicales graves" ou de "circonstances extrêmememt graves".
Pour les responsables des Eglises, il ne fait pas de doute qu’en appliquant à la lettre ces nouvelles directives, on causera de nombreuses tragédies humaines, en même temps qu’un surcroît de travail et une multiplication des controverses autour des renvois trop tardifs. Cela n’aboutira qu’à
durcir les positions dans le débat sur l’asile et empêchera de trouver des
solutions. Les deux Eglises nationales demandent donc au conseiller fédéral
Arnold Koller d’annuler ces nouvelles directives. (apic/com/be)