Suisse : Pax Christi et les Juifs soviétiques (050490)
Lausanne, 5avril(APIC) Les Juifs soviétiques, qui ont quelque raison de
craindre la résurgence de courants antisémites en URSS, ont le droit d’émigrer, mais cela ne devrait pas se faire au détriment des Palestiniens,
estime le Comité romand de Pax Christi, un mouvement catholique international pour la paix.
Dans un communiqué publié le 5 avril à Lausanne, Pax Christi affirme que
la peur s’installe parmi les 2,5 millions de Juifs d’URSS, et "des dizaines
de milliers d’entre eux choisissent de tout quitter par crainte de possibles pogroms". Stigmatisant l’attitude actuelle des pays occidentaux qui se
sont fait un honneur d’accueillir quelques personnalités juives au temps où
l’Etat soviétique libérait ses citoyens juifs au compte-goutte, mais qui
agissent aujourd’hui comme s’ils "appartenaient à une espèce que seul
l’Etat d’Israël pouvait accueillir". "N’est-ce pas là une forme d’antisémitisme qui ne dit pas son nom ?", se demande le mouvement catholique.
"Que les Juifs dont la sécurité est menacée dans leur propre pays n’aient pas d’autre choix que d’émigrer en Israël constitue une injustice et un
danger pour la paix au Proche-Orient et par conséquent dans le monde", affirme Pax Christi. Le mouvement déplore en effet que pour recevoir les nouveaux arrivants, l’Etat d’Israël se voit dans l’obligation de les installer
à Jérusalem Est et dans les Territoires occupés. Par conséquent, conclutil, à nouveau des Palestiniens vont être chassés de leurs terres, "les
chances pour un retrait d’Israël des Territoires occupés et la conclusion
d’un accord de paix israélo-palestinien vont donc s’en trouver gravement
compromises".
Accueillir en Suisse des contingents de familles juives de l’Est
Pax Christi demande donc aux pays occidentaux, et à la Suisse en particulier, d’intervenir afin que l’URSS et ses anciens alliés garantissent,
"en application des accords d’Helsinki, la pleine jouissance de leurs
droits de citoyens et la protection contre toute discrimination à leurs
ressortissants d’origine juive". Il leur demande également de se déclarer
prêts, dans le cadre de contingents à déterminer, à recevoir des familles
juives des pays de l’Est "contraintes de fuir la persécution". (apic/combe)