Suisse: offices oecuméniques le dimanche (020292)
Lucerne/Soleure, 2 février(APIC) La Commission oecuménique de la Conférence des évêques suisses (CES)- après avoir reçu le feu-vert des évêques -,
vient de rendre publiques des directives concernant la fréquentation d’offices oecuméniques le dimanche. Il en ressort des recommandations pratiques
applicables dans des situations concrètes et l’encouragement à participer à
des cultes oecuméniques. Si la Commission rappelle que la célébration de
l’Eucharistie le dimanche est une obligation à laquelle l’Eglise ne peut
renoncer, "des raisons importantes pourraient en permettre la dispense".
Il est essentiel que les chrétiens divisés, qui pendant trop longtemps
ont considéré leur séparation comme insurmontable, prient pour l’unité voulue par le Christ et il importe qu’ils ne le fassent pas seulement chacun
pour soi, ou avec leur seule Eglise, mais aussi avec les autres Eglises en
dépit des différences qui subsistent. Forte de ce principe de base, la Commission oecuménique de la CES s’est penchée sur les questions spécifiques
qui se posent aux catholiques: Quand un office oecuménique doit-il avoir
lieu le dimanche? Doit-on l’encourager? Un catholique qui participe à un
office oecuménique est-il tenu de participer à la messe ce même dimanche? A
quoi faut-il être attentif?
Dans sa réflexion fondamentale, la Commission rappelle que "la liturgie
reste l’âme de la réponse intégrale de l’Eglise à l’appel de son Seigneur"
et que c’est le dimanche qui rassemble la communauté de foi pour la célébration de l’Eucharistie. Tenir à cela est une nécessité à laquelle l’Eglise ne peut renoncer. C’est pourquoi, dans l’Eglise latine, le droit canon
prévoit dans son article 1248 l’obligation pour chaque catholique qui n’est
pas empêché par un motif grave de participer à l’Eucharistie le dimanche ou
la veille au soir. Aussi féconde que soit cette loi, estime la Commission,
elle n’est cependant pas la norme dernière, ce qui veut dire que "des raisons importantes pourraient en permettre la dispense".
L’Eglise a reconnu aujourd’hui son devoir de développer une communion
oecuménique avec les chrétiens qui sont (encore) séparés d’elle. Ce devoir
pour les catholiques, précise la note, n’est pas défini par le droit comme
l’est celui de l’assistance à la messe du dimanche, mais cela ne signifie
pas qu’il puisse être négligé. Les catholiques doivent être encouragés à
participer à des cultes oecuméniques.
Orientations pour la pratique
La célébration de l’Eucharistie dominicale est pour le catholique d’importance prioritaire, mais non exclusive. C’est en elle qu’il trouve l’expression la plus haute de sa communion avec le Très-Haut. La possibilité,
au moins, de célébrer l’Eucharistie doit lui être offerte chaque dimanche.
On veillera donc à placer "les offices oecuméniques le dimanche de manière
à ne pas entraver l’assistance à la messe". Ainsi, dans la règle, un office
oecuménique ne saurait avoir lieu à l’heure habituelle de l’office principal d’une paroisse.
La Commission souligne ensuite qu’il y a de bonnes raisons, en certaines
occasions, de mettre un office oecuménique le dimanche et que les catholiques ne doivent pas oublier la valeur d’une liturgie de la Parole ou d’une
prière commune malgré l’absence d’Eucharistie. "A cause de nos engagements
dans l’oecuménisme, la participation des chrétiens catholiques à de tels
offices oecuméniques mérite d’être favorisée".
Au sujet de l’obligation pour les fidèles de participer à la messe le
même dimanche où ils participeraient à un service oecuménique, la Commission précise: "Bien que l’obligation de participer à l’Eucharistie reste le
premier devoir, on admet que la participation à un office oecuménique pourrait rendre impossible la participation à la célébration eucharistique."
Enfin le document insiste sur la qualité des motifs qui poussent à la
célébration d’offices oecuméniques le dimanche. Cela devrait correspondre à
un voeu oecuménique authentique et non pas à des critères profanes comme
par exemple l’idée de rehausser l’éclat d’une fête avec un office oecuménique. (apic/com/mp)