Suisse: nouveau mandat pour l’EPER (110793)
peut désormais intervenir au plan national
Lausanne, 11juillet(APIC) L’Entraide protestante suisse (EPER) pourra dorénavant intervenir sur le plan national, à l’instar de Caritas, son homologue catholique. Cette nouvelle orientation fait suite à la décision prise
par l’Assemblée des délégués de la Fédération des Eglises protestantes de
la Suisse (FEPS). Jusqu’alors, le mandat de l’EPER se limitait à l’aide
hors frontière, mis à part son service auprès des réfugiés en Suisse.
L’EPER n’entend cependant pas "concurrencer" les services existants,
notamment les Centre sociaux protestants (CSP).
Aide d’urgence en cas de catastrophes ou de conflits, aide au développement et assistance auprès des réfugiés en Suisse constituaient les trois
principaux volets des activités de l’EPER. Depuis la dernière Assemblée des
délégués de la FEPS, le mandat de l’oeuvre d’entraide est élargi aux problèmes nationaux. "C’est une porte qui s’est ouverte, mais on n’est pas encore entré dans la chambre". La formule de Rudolf Renfer, secrétaire romand
de l’EPER, résume l’état actuel des réfléxions de l’oeuvre d’entraide au
sujet de l’élargissement de son mandat.
L’EPER ne lancera pas de projets, en Suisse romande du moins, sans consulter au préalable les Eglises et les CSP, assure Rudolf Renfer. "Parce
que nous sommes une branche des Eglises et que nous ne voulons surtout pas
entrer en concurrence avec les CSP".
En Suisse romande, le domaine social est en effet largement couvert par
ces Centres sociaux protestants, une institution qui n’existe pas
outre-Sarine où ce sont les paroisses qui prennent en charge les activités
sociales. Pour coordonner ces multiples actions, la dernière Assemblée des
délégués a par ailleurs décidé de la création d’une nouvelle structure: la
Conférence suisse de diaconie, réunissant les Eglises membres et les
oeuvres.
Ne pas rester sur la touche
Pour l’instant, le secrétaire romand ne voit d’autres possibilités à
l’élargissement des activités de l’EPER que par l’intermédiaire de son Service des réfugiés. Ce Service s’emploie notamment à trouver des logements
pour les réfugiés, de là l’idée d’offrir cette aide à d’autres catégories
de personnes qui ont également besoin d’être logées: chômeurs ou toxicomanes, par exemple.
Toujours dans le cadre du Service des réfugiés, l’EPER pourrait envisager une intervention dans le domaine de l’emploi dont bénéficieraient non
seulement des réfugiés, mais également des chômeurs. A Genève, des réfugiés
statutaires ont mis sur pied, avec le soutien de l’EPER, un service de repas livrés à domicile. A terme, ce service deviendra indépendant selon le
voeu de ses initiateurs; il pourra alors, pourquoi pas, employer à son tour
des Suisses ou des étrangers sans travail.
Sur le plan financier, l’EPER ne lance des projets que si le financement
est assuré, précise Rudolf Renfer. Une récolte de fonds destinée à une action précise ne peut donc être utilisée à d’autres fins. En 1987, lors des
inondations en Suisse, l’oeuvre d’entraide des Eglises protestantes avait
déjà été mise à contribution. L’argent récolté à l’époque, notamment par la
Chaîne du Bonheur, avait dû être redistribué à d’autres oeuvres opérationnelles en Suisse, l’EPER n’ayant alors aucun mandat pour intervenir. Cette
situation est à l’origine de la réflexion qui a conduit les délégués des
Eglises protestantes à étendre en Suisse le champ d’action de l’EPER.
(apic/spp/pr)