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    Suisse: "Non aux mesures de contrainte dans le droit des étrangers"

    Le Conseil de la FEPS et la Conférence des évêques suisses mettent en

    garde contre le danger de mélanger le droit pénal et le droit des étrangers

    Fribourg/Berne, 26novembre(APIC) Le Conseil de la Fédération des Eglises

    protestantes de la Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES)

    ne peuvent admettre la connexion du droit pénal et du droit d’asile. Les

    deux organes le font savoir à travers un communiqué commun dans lequel ils

    déclarent désapprouver les mesures de contrainte dans le droit des étrangers proposées par le Conseil fédéral.

    Sous le titre "Ne mélangeons pas le droit pénal et le droit d’asile. Non

    aux mesures de contrainte dans le droit des étrangers", la FEPS et la CES

    soulignent qu’une législation aux conséquences aussi importantes doit être

    mûrement réfléchie. "La forte pression politique actuelle conduit à

    l’arbitraire. D’autre part, la révision partielle proposée risque bien de

    tourner court dans la réalité".

    Le projet de loi prévoit la possibilité de garder en détention pendant

    plusieurs mois des étrangers ou des requérants d’asile, sans qu’une procédure pénale ne soit entamée contre eux, explique-t-on. Il serait également

    possible de restreindre la liberté de mouvement de ces personnes avant même

    de disposer de soupçons suffisants quant à des actes délictueux. Les questions juridiques mises à part, les mesures proposées sont difficilement

    réalisables du fait que les prisons sont déjà surchargées et qu’il existe

    une pénurie de personnel et de moyens financiers, constatent la FEPS et la

    CES.

    Certes, la Conférence des évêques suisses et le Conseil de la FEPS considèrent que la lutte contre la délinquance, en particulier contre le trafic de drogue, est un objectif important. "Mais dans notre pays, le code

    pénal est disponible pour combattre les actes criminels. On ne résoudra pas

    les problèmes de drogue et d’augmentation de la délinquance en Suisse par

    un durcissement de la loi sur le séjour et l’établissement des étrangers et

    de la loi sur l’asile".

    La FEPS et la CES estiment en conclusion que la modification envisagée

    est dangereuse parce qu’elle renforcera l’opinion largement répandue selon

    laquelle les étrangers qui demandent un permis de séjour ou l’asile dans

    notre pays sont des menteurs ou des délinquants en puissance. "En réalité,

    les étrangers qui font du trafic de drogue ou qui contreviennent à la loi

    sont une toute petite minorité. Leur conduite ne doit en aucun cas servir

    de prétexte à des mesures discriminatoires envers tous les étrangers".

    (apic/com/pr)

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