"La limitation de l’immigration aurait des conséquences inhumaines"
Fribourg/Berne, 18octobre(APIC) "Si l’initiative ’pour la limitation de
l’immigration’ est acceptée, l’avenir commun des populations étrangère et
suisse, auquel les Eglises vouent leurs efforts, deviendra impensable",
déclarent les trois Eglises nationales de Suisse dans une prise de position
publiée mardi. Les citoyens devront se prononcer sur cette initiative
xénophobe de l’Action nationale (AN) le 4 décembre prochain.
C’est dans une déclaration commune que la Conférence des évêques suisses, le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse et,
l’évêque et le Conseil synodal de l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse
mettent en garde les citoyens, et surtout les chrétiens de Suisse, contre
l’acceptation d’une initiative qui nie un certain nombre de droits humains
fondamentaux.
Le groupe de travail des trois Eglises nationales rappelle dans sa
déclaration que les Eglises se sont toujours préoccupées des problèmes des
étrangers et qu’elles se sont déjà prononcées sur les scrutins populaires
et sur les initiatives contre la surpopulation étrangère, l’initiative
"Etre solidaires" et la Loi sur les étrangers. Les Eglises ont le souci des
étrangers, elles sont en contact journellement avec eux les aidant à
prendre conscience qu’ils ne sont pas seulement de la main d’oeuvre, mais
également des être humains.
Pour les Eglises de Suisse la dernière initiative de l’AN pour la limitation de l’immigration propose une solution exclusivement numérique des
problèmes, "c’est là une manière totalement erronée de les aborder, et qui
peut conduire à vouloir résoudre nos propres problèmes sur le dos des plus
faibles : réfugiés, saisonniers, frontaliers - sans parler de toutes les
femmes et de tous les hommes que nous poussons au travail clandestin".
En conclusion, les trois Eglises nationales déclarent que "les Eglises
ne peuvent pas approuver une politique qui ne voit pas en premier lieu dans
les étrangers des êtres humains et des partenaires, et qui ne favorise pas
la confiance et la compréhension mutuelle dans la perspective d’un avenir
commun". (apic/bd)