La Commission "Justice et Paix" interpelle le Conseil fédéral
Berne, 19février(APIC) La Commission suisse "Justice et Paix" a demandé
mardi au Conseil fédéral de tout entreprendre auprès de Saddam Hussein, des
Etats-Unis et de leurs alliés afin qu’ils mettent fin à leur "conflit meurtrier" dans le Golfe et s’engagent en faveur d’une solution négociée.
"Justice et Paix" réitère qu’"il n’existe aucune guerre juste", et relève, à l’instar de la déclaration des présidents des Conférences épiscopales
d’Allemagne, de France et de Suisse le jour même des ouvertures des hostilités, que "la guerre elle-même ne construit pas la paix". Commission consultative de la Conférence des évêques suisses pour les questions politiques, économiques et sociales, "Justice et Paix" estime que la Suisse pourrait apporter une importante contribution à l’idée d’un ordre régional juste et stable au Moyen-Orient avec son offre pour la tenue d’une conférence
internationale, qui pourrait être mise sur pied sur le modèle de la CSCE.
La Commission invite également le Conseil fédéral à interdire strictement
les exportations d’armes à partir du territoire suisse.
Chaque jour qui passe voit le nombre des victimes augmenter, ce qui diminue d’autant les chances d’une paix constructive au Moyen et ProcheOrient, déclare "Justice et Paix" dans son appel. Pour la Commission, tant
dans les pays arabes qu’en Europe et en Amérique du Nord, la perception de
l’autre comme ennemi croît avec le temps. La guerre n’est pas seulement
destructrice pour les Etats impliqués directement dans le conflit, mais a
également de graves répercussions pour les économies de pays tiers, en particulier pour les pays en développement.
En parlant de "guerre juste", poursuit "Justice et Paix", on rend plus
difficile la reconnaissance de la responsabilité des pays occidentaux - y
compris la Suisse - dans la situation de la région du Golfe. En effet, les
livraisons d’armes faites par ces pays à l’Irak ont d’une manière non négligeable permis à Saddam Hussein de bâtir une armée fortement équipée.
C’est pourquoi la Suisse doit s’engager d’une manière intensive en faveur
d’une limitation et d’un contrôle du commerce des armes sur le plan international et souligner la crédibilité de son engagement en interdisant les
exportations d’armes à partir de son territoire. (apic/com/pr)