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    La garantie contre les risques à l’exportation doit être revue et corrigée

    Suisse: les oeuvres d’entraide le demandent (190190)

    Berne, 18janvier(APIC) La Garantie contre les risques à l’exportation

    (GRE), instrument essentiel de la politique suisse en matière d’affaires

    économiques extérieures, doit être revue et corrigée. C’est là l’avis de

    Richard Gerster, chargé de la coordination pour la politique de développement de la Communauté de travail Swissaid, Action de carême, Pain pour le

    prochain et Helvetas. Il s’en explique à travers une analyse parue dans le

    numéro de janvier de "La Vie économique", une publication du Département

    fédéral de l’économie publique, et rappelle que le thème de la politique de

    développement fait l’objet depuis 10 ans déjà de propositions de réforme de

    la part des oeuvres d’entraide suisse.

    Selon Richard Gerster, la GRE doit notamment renoncer, envers les pays

    en développement les plus défavorisés, à recouvrer les créances qui lui

    sont dues au titre de paiements des dommages et des accords de consolidation de la dette. Il estime que si la Confédération lui accorde une remise

    de la dette en faveur des pays en développement, la GRE verra sa situation

    financière s’améliorer et cela contribuera à son assainissement. Mais attention, relève l’auteur, des conditions doivent être remplies; elles sont

    au nombre de trois.

    Dans le cadre de son assainissement, le pays surendetté doit mener une

    politique économique dont les priorités sont en harmonie avec celles de la

    loi fédérale sur la coopération au développement et l’aide humanitaire internationale. Il serait insensé, note Richard Gerster, de procéder sans autre à une remise de la dette à un dictateur tel que Mobutu. Deuxième condition: les gouvernements bénéficiant de la remise de la dette devraient verser une partie de la contre-valeur en monnaie locale dans un fonds servant

    à financer des projets de développement; enfin, dernier point, en ce qui

    concerne le solde de leur dette non garantie et non consolidée, les créanciers suisses du secteur privé devraient accorder leur aide avec la même

    bienveillance que la GRE et la Confédération, faute de quoi on faciliterait

    le recouvrement des avoirs commerciaux privés avec des fonds publics.

    Selon Richard Gerster, la GRE, actuellement composée exclusivement de

    représentants des organisations économiques et de l’administration devrait

    être élargie et comprendre des spécialistes délégués par des syndicats et

    par des oeuvres d’entraide: "Compte tenu de la participation financière

    croissante de la Confédération à la GRE, cette base politique élargie est

    une nécessité".

    Oui à la promotion des exportations, mais pas à n’importe quel prix!

    A l’origine, la GRE était conçue comme un instrument destiné à promouvoir l’emploi en Suisse. La GRE remplit cette mission en garantissant des

    exportations de biens et de services qui présentent des risques particuliers quant au paiement, c’est-à-dire des exportations destinées surtout

    aux pays en développement et aux pays de l’Est. Conformément à sa nature,

    qui est celle d’une assurance, la garantie implique le paiement d’une prime; une franchise représentant en règle générale 20% du montant de la livraison est à la charge de l’assuré.

    Oui à la promotion des exportations, écrit l’auteur, mais pas au détriment de l’homme et de l’environnement. La part du revenu national suisse

    provenant des échanges avec l’étranger a augmenté dramatiquement au cours

    des dernières décennies. "Alors qu’en 1955, 33% de notre revenu national

    provenait de la vente de marchandises et de services à l’étranger (y compris les revenus de capitaux), cette part a atteint 56% en 1985", relève-til.

    Pas étonnante dès lors la volonté affichée par les oeuvres d’entraide

    d’un changement sous forme de réformes nécessaires en matière de politique

    de développement. Aujourd’hui, souligne Richard Gerster, il circule davantage d’argent du sud vers le nord que l’inverse: "D’après les estimations

    de la banque mondiale, cet excédent a atteint 50 milliard de dollars pour

    la seule année 1988. Ce phénomène d’appauvrissement des pays pauvres et

    d’enrichissement des pays riches, aberrant du point de vue politique de développement, concerne aussi la Suisse. Les données statistiques les plus

    récentes à cet égard datent de 1987; elles révèlent un afflux net de 3,1

    milliards de francs des pays en développement vers la Suisse, sous forme de

    monnaie scripturale, de crédits d’exportation et d’investissement". Pour

    favoriser le retour vers le tiers monde de ces flux financiers, on peut envisager de mobiliser de nouvelles ressources, mais il convient tout d’abord

    de réduire de façon substantielle la dette des pays en développement.

    Et la pétition intitulée "Le désendettement: une question de survie"

    lancée par les oeuvres suisses d’entraide, va précisément dans ce sens-là.

    Elle invite le Parlement et le Conseil fédéral à instituer, à l’occasion du

    700e anniversaire de la Confédération, un fonds de 700 millions de francs

    au moins en vue de réduire la dette des pays en développement les plus

    pauvres. Et Richard Gerster d’en expliquer les modalités: "Ce fonds de désendettement acquiert des avoirs de créanciers suisses (Confédération, GRE,

    banques, exportateurs). Le montant de la reprise est convenu avec les créanciers. A cet égard, il convient de tenir compte de la valeur des avoirs

    sur le marché secondaire; en outre, la valeur comptable est également un

    moyen d’évaluation. Les créances reprises par le fonds sont libérées. Toutefois, les gouvernements des pays en développement doivent en principe

    mettre à disposition, en monnaie locale, une partie du service de la dette

    épargnée en vue de réaliser des projets de développement dans leur propre

    pays. (apic/pr)

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