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    gagnants et les perdants avant la signature des négociations du GATT

    Suisse: Les oeuvres d’entraide désignent les pays (110494)

    "Sur le dos des pays les plus pauvres"

    Lausanne, 11avril(APIC) La communauté de travail des oeuvres d’entraide

    (Swissaid, Action de carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas)

    estime dans un communiqué publié lundi que l’Uruguay Round du GATT se fera

    sur le dos des pays les plus pauvres, s’il n’y a pas pour eux des mesures

    compensatoires et additionnelles. En outre la libéralisation des échanges

    entre les pays sans réglementation parallèle des pratiques restrictives des

    entreprises privées permettra des abus aux détriments de pays du Sud, de

    leurs entreprises et de leurs habitants, précisent encore les oeuvres d’entraide.

    L’Uruguay Round bénéficiera en grande partie aux économies industrialisées déjà fortes. Seule une petite part reviendra également aux pays les

    plus développés du Sud, notamment en Asie et en Amérique latine, alors qu’à

    court terme les pays moins avancés de l’Afrique et des Caraïbes vont y perdre. Non seulement ils ne pourront pas pas profiter des nouvelles opportunités commerciales mais verront se réduire encore leur accès aux marchés riches et leur pouvoir d’achat. Ces faits ont été reconnus notamment

    par l’OECD, la Banque mondiale et le GATT.

    Les oeuvres d’entraide pensent que les gagnants de la libéralisation des

    échanges, dont la Suisse, doivent s’engager à partager les bénéfices retirés avec les pays perdants. Une augmentation de l’enveloppe financière destinée aux mesures de politique économique et commerciale de notre pays est

    indispensable pour des actions positives en faveur des plus pauvres. Ce

    partage doit se faire sous forme de concessions supplémentaires (abolition

    de tous les obstacles et de la progressivité des tarifs), de compensations

    temporaires (prix des produits alimentaires importés et prix des matières

    premières exportées) et des mesures additionnelles (soutien à la politique

    agricole locale ainsi qu’à la négociation et à l’application des nouvelles

    règles commerciales).

    Une autre conséquence des négociations du GATT est l’accroissement de la

    marge de manoeuvre des entreprises privées. D’une part la libéralisation

    des échanges, des investissements et des services ainsi que le renforcement

    de la propriété intellectuelle, rendront les marchés du Sud plus attrayants

    et simuleront leurs économies. Mais d’autre part, l’Uruguay Round limitera

    les possibilités des pays en développement de protéger la production nationale en fonction de leurs propres priorités. Il n’est pas logique de réduire les obstacles aux échanges entre les pays tout en tolérant les pratiques

    commerciales restrictives des entreprises privées. "Le souhait des pays en

    développement - justifié et qui date depuis des décennies - de réglementer

    la concurrence privée semble à nouveau lettre morte", conclut la Communauté

    de travail des oeuvres d’entraide. (apic/com/ba)

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