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    protestantes favorables aux casques bleus

    Suisse: les oeuvres d’entraide (040594)

    Partager la responsabilité politique internationale

    Berne, 4mai(APIC) Les oeuvres d’entraide protestantes Pain pour le Prochain et L’Entraide protestante Suisse (EPER) ainsi que l’Institut d’éthique sociale soutiennent le projet du Conseil fédéral sur les casques bleus.

    Selon elles, celui-ci donne une nouvelle fois à la Suisse "l’occasion de

    mieux équilibrer sa part de responsabilité en matière de politique internationale avec les avantages économiques qu’il peut retirer de conditions cadre ou la justice et la paix sont garanties".

    La Suisse est-elle un pays qui, dans les votations populaires, ne s’engage pour une coopération internationale que lorsque sa propre prospérité y

    est directement liée? Ou la Suisse est-elle aussi préte à assumer une part

    modeste de cette responsabilité internationale lorsqu’il ne s’agit, à court

    terme, que de pays tiers ou du maintien de la paix dans un autre pays?,

    s’interrogent-elles. Comme le note l’Institut d’éthique sociale (IES) dans

    un argumentaire, le résultat du scrutin du 12 juin 1994 sur la Loi fédérale

    concernant les troupes suisses chargées d’opérations en faveur du maintien

    de la paix, ou projet du Conseil fédéral sur les casques bleus, pourrait

    bien fournir la réponse à ces questions.

    Eglises unies dans la solidarité

    Ce ne sont pas, en dernier ressort, des réflexions d’ordre éthique qui

    ont amené Pain pour le Prochain, l’EPER et l’IES à prendre clairement position en faveur du projet. Les Eglises et leurs oeuvres d’entraide défendent une politique étrangère indépendante, qui, dans le respect des obligations réciproques avec les autres pays, s’engage d’une manière active et

    solidaire pour la paix dans le monde. "Cela implique qu’il y ait un lien

    entre les intérêts propres, légitimes de la Suisse, et le bien-être et la

    prospérité d’autres pays". Les Eglises et leurs oeuvres d’entraide sont, à

    cet égard, "unies dans la solidarité de l’Evangile, qui appelle à la réconciliation, au-delà de toute offense, de tous conflits et de toutes discordes".

    Les oeuvres d’entraide protestantes n’émettent aucune réserve politique

    quant à la question de la neutralité. Elles estiment que la neutralité d’un

    Etat ne le contraint pas à l’immobilisme sur la scène internationale. Cette

    neutralité, surtout, interdit de déclarer la guerre ou de participer à un

    conflit armé en faveur d’une ou de l’autre partie. En revanche, lorsque

    deux parties en conflit se mettent d’accord, via l’Organisation des Nations

    Unies ou la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE),

    sur une opération de maintien de la paix avec l’intervention de troupes de

    casques bleus, tout Etat neutre doit pouvoir s’engager normalement dans une

    telle opération. Cela d’autant plus que la neutralité à l’égard d’autres

    pays ne prend vraiment son sens que dans la mesure ou elle représente une

    contribution active au service de la paix entre les pays.

    Aux arguments des adversaires de l’engagement de troupes suisses de casques bleus, Pain pour le Prochain, l’EPER et l’IES opposent les dispositions légales très claires du projet. Celles-ci soulignent notamment qu’il

    ne pourrait y avoir d’engagement de troupes suisses qu’à la condition que

    toutes les parties en conflit l’agréent et que l’ONU ou la CSCE garantissent l’attitude impartiale des troupes. En outre, personne ne peut être

    contraint à participer à une opération de maintien de la paix. Le Conseil

    fédéral se garde en outre le droit de retirer les troupes en tout temps. A

    propos des coûts de ce nouveau service de solidarité, les oeuvres d’entraide protestantes relèvent qu’ils sont supportés depuis longtemps par des

    pays beaucoup plus pauvres. Les 80 à 100 millions de francs prévus par année ne devraient, néanmoins, pas être mis à la charge de populations socialement défavorisées en Suisse ou à l’étranger. Par conséquent, concluent

    les oeuvres, la réalisation de ces nouvelles tâches ne devrait pas entraîner de réductions ni des dépenses sociales ni des ressources affectées à la

    coopération au développement. (apic/spp/pr)

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