Suisse: Les Centres Sociaux Protestants (CSP) (220889)
Les violations des droits de l’homme oubliées
Genève, 22août(APIC) Les Centres Sociaux Protestants (CSP) estiment que
le "Rapport de stratégie pour la politique d’asile des années 90" a le mérite de poser globalement les problèmes touchant à la politique d’asile
suisse, mais "son analyse des causes de fuite minimise trop fortement la
réalité des violations des droits de l’homme, et nombre de ses propositions
concrètes ont une orientation négative qui s’éloigne d’une pratique équitable du droit d’asile".
Parmi les plus actifs en Suisse romande dans la défense des requérants
d’asile, les CSP viennent de répondre de façon critique à la procédure de
consultation du Département fédéral de Justice et Police sur le "Rapport de
stratégie". Ils font des propositions concrètes "pour sortir de l’impasse
qui caractérise la situation actuelle en matière d’asile".
Dans le "Rapport de stratégie", estiment les CSP romands, les causes démographiques, économiques, voire écologiques sont souvent citées pour expliquer le nombre croissant de candidats à l’asile. Cepenant, relèvent-ils,
la très grande majorité des requérants viennent plutôt de pays où sévissent
l’oppression et la guerre civile (Turquie, Sri Lanka, Iran, Zaïre, Ethiopie, Chili).
Les CSP s’inquiètent également de certaines des mesures concrètes envisagées dans le rapport, comme l’impossibilité d’enregistrer une demande
d’asile pour ceux qui sont entrés clandestinement en Suisse. Selon les CSP,
une telle mesure reviendrait "à mettre en cause le droit d’asile lui-même,
car un réfugié sera toujours un fugitif obligé de voyager clandestinement".
Pour une meilleure assistance juridique
Constatant que le retard dans le traitements des demandes d’asile est
souvent dû à un manque de personnel, les CSP préconisent une priorité absolue au traitement des demandes. Ils considèrent que ce n’est pas en limitant toujours plus les droits des requérants que l’on doit accélérer la procédure, car cela multiplie les risques d’erreurs et entraîne des contestations interminables. Ils souhaitent au contraire un renforcement de la position du requérant par une assistance juridique systématique.
Les CSP veulent également la suppression des centres d’enregistrement
qui sont périodiquement engorgés et "ne font que compliquer la procédure".
Ils soulignent aussi que beaucoup de requérants pourraient se loger eux-mêmes si "on les autorisait à séjourner dans le même canton que leurs proches".
Une formule de "solution globale" pour les anciens requérants d’asile,
l’idée d’un statut d’admission provisoire applicable aux "réfugiés de la
violence" ainsi que la création d’une instance de recours véritablement indépendante font partie des suggestions soutenues par les CSP comme par les
autres oeuvres d’entraide depuis plusieurs années. (apic/bd)