Suisse: le seuil de la misère pour près de 400.000 personnes (280788)
Fribourg, 28juillet(APIC) Près de 400.000 personnes vivent au seuil de la
pauvreté ou à la limite du minimum vital en Suisse. Parmi ces dernières,
les femmes sont les plus touchées. Et cette tendance est aujourd’hui encore
renforcée. C’est alarmant, estime Caritas Suisse qui ouvre une enquête en
Collabration avec la Ligue Suisse de Femmes Catholiques à Lucerne et diverses autres organisations sociales.
Ces chiffres ont suscité à maintes reprises l’étonnement. Reste que selon les statistiques, les femmes ont beaucoup à craindre. Ce sont elles en
effet que la misère atteint le plus. En Suisse comme partout dans le monde.
Au point de parler aujourd’hui de la "féminisation" de la misère.
Selon des statistiques avancées par Caritas Suisse, les femmes constituent la moitié de la population mondiale, mais elles effectuent cependant
les 2/3 de l’ensemble des heures de travail, pour un salaire moindre, comparé à celui gagné par l’homme. A tel point de ne réunir que le 1/10 seulement du revenu mondial. Ensemble, les femmes de la planète disposent moins
du 10% de la fortune calculée au niveau mondial.
Sur le plan suisse, relève Caritas, 18,2% des femmes contre 8,2% des
hommes disposent d’un revenu très bas, voire critique. Une étude sur le
chômage réalisée l’an passé par Antonio Wagner relevait déjà cette "féminisation" du chômage. Il y était notamment démontré que la durée du chômage
chez les femmes était plus élevée que chez les hommes en dépit d’une proportion de travailleuses nettement plus restreinte. Ce qui n’empêche nullement, mentionne encore cette étude, de constater que les femmes représentent la moitié des personnes arrivant au terme des allocations de chômage.
Des groupes de travail ont été créés, a déclaré à l’APIC Jeanne Darbellay, porte-parole de Caritas Suisse. Ils auront la tâche de préparer un
questionnaire. Celui-ci sera ensuite envoyé aux différents services sociaux
ou autres organisations, mais principalement aux femmes confrontées à la
misère ou à d’autres problèmes. "Les réponses de ces dernières à notre questionnaire revêtiront une très grande importance pour Caritas". Il s’agira
ensuite d’analyser l’ensemble des éléments reçus, souligne Jeanne Barbellay, "de définir quels groupes de femmes sont les plus touchés, à quels milieux socio-professionnels elles appartiennent et de connaître les manifestations de cette pauvreté et ses conséquences".
D’ores et déjà un Institut de recherche a été mandaté par Caritas Suisse. Les résultats de cette enquête devrait être publiés vers la fin de cette année. (apic/pr)