Suisse: le Service des bénévoles de Caritas innove (041191)
Lucerne, 4novembre(APIC) "Je suis très satisfait de ce groupe de Tamouls
qui a travaillé ici pendant une semaine", explique Sepp Mathis, paysan de
montagne d’Obwald. "Ce sont des gens aimables, qui n’ont pas peur de mouiller leur chemise". Sept requérants d’asile l’ont aidé à construire un chemin d’accès. "Je crois que par la même occasion, les jeunes Tamouls se sont
rendus compte qu’en Suisse aussi, il y a des gens qui travaillent très dur
pour gagner leur vie", ajoute Sepp Mathis.
La ferme de ce dernier se situe sur le flanc d’une montagne, dans la
vallée d’Engelberg, à 1125 mètres d’altitude, et n’est accessible que par
téléphérique ou par un étroit sentier. Les 40 hectares de terre que Sepp
cultive sont tellement maigres qu’ils suffisent à peine à nourrir 15 têtes
de gros bétail.
"Je ne viens plus à bout du travail", commente Sepp, qui exploite une
entreprise familiale de la quatrième génération. Autrefois, il était possible d’effectuer tous les travaux nécesaires grâce à la main-d’oeuvre nombreuse qui vivait à la ferme: "On pouvait bien sarcler les terres". Mais
aujourd’hui, sa femme Anita et lui-même ne peuvent compter que sur leurs
propres forces. Et sans chemin d’accès, qui permet une culture fonctionnelle, les champs dépérissent.
Il était donc indispensable d’élargir et de rendre praticable le sentier
qui mène à la ferme. Sepp Mathis n’était pas en mesure de réaliser ce travail énorme à lui seul et ne pouvait engager quelqu’un, faute de moyens financiers. C’est pourquoi il a volontiers accepté l’offre du Service des bénévoles de Caritas, qui a mis une équipe de requérants d’asile à sa disposition pendant une semaine.
Deux mondes se rencontrent
Les requérants d’asile tirent également un bilan positif de cette expérience: "Nous avons tous travaillé avec plaisir. Le paysan est gentil, il
nous a remercié pour notre travail et nous préférons travailler plutôt que
de nous tourner les pouces au foyer", explique un agriculteur sri lankais
de 30 ans. Chez lui, il plantait du riz, mais le rendement était de plus en
plus mauvais, faute d’engrais, d’électricité, de pétrole et d’essence. Par
ailleurs, des avions de chasse ne cessaient de mitrailler et bombarder son
village. Beaucoup de gens sont morts. Il est inquiet pour sa famille.
IL est le seul paysan dans ce groupe de Tamouls; l’un est pêcheur, l’autre chauffeur de taxi, un troisième commerçant et les trois derniers
étaient étudiants. Les sept Tamouls en question vivent actuellement au Centre de transit "Sonnenhof", à Emmenbrücke, qui est géré par le Département
"Etrangers en Suisse" de Caritas.
Les requérants d’asile attendent la décision des autorités; pour l’instant, ils n’ont pas le droit d’effectuer un travail rémunéré. Cela ne signifie pas qu’ils restent là à ne rien faire: ils apprennent notre langue,
cuisinent leur repas eux-mêmes, nettoient la maison. Les collaborateurs du
centre s’efforcent de leur trouver une occupation utile à la communauté.
"Au cours des derniers mois, les requérants d’asile ont par exemple eu
l’occasion de prendre part à des travaux forestiers", explique Richard
Isenschmid du "Sonnenhof", "mais de tels engagements sont rares".
(apic/car/ap)