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    Interview du Père Gilbert Bugnon, président de la CECS

    Suisse : Le manque de vocations menace les écoles catholiques (070989)

    Genève, 7septembre(APIC) Le manque de vocations assombrit l’avenir des

    écoles catholiques en Suisse. La plus grande partie de ces écoles sont en

    effet tenues par des congrégations religieuses, et le faible pourcentage de

    nouvelles vocations sacerdotales va certainement entraîner la fermeture de

    plusieurs écoles dans les années à venir. Tel est le constat dressé pour

    l’agence APIC par le Père Gilbert Bugnon, président de la Conférences des

    écoles catholiques suisses (CECS).

    La CECS est un organisme national qui permet de rassembler les idées, de

    tracer des pistes de réflexion et d’amener des solutions aux problèmes auxquels sont confrontés les écoles catholiques. Toutefois, relève le Père

    Bugnon, elle ne prend aucune décision concernant une école en particulier,

    car chaque établissement garde son entière autonomie.

    Les écoles sont souvent dirigées par des congrégations religieuses. Une

    place est cependant faite aux laïcs, notamment en ce qui concerne le corps

    professoral. Certaines écoles, peu nombreuses selon Gilbert Bugnon, sont

    maintenant prises en charge par des laïcs, et des familles chrétiennes

    s’engagent à promouvoir des écoles catholiques.

    Les laïcs : pas la solution miracle

    Ce phénomène, récent, ne peut pourtant pas endiguer la baisse des vocations sacerdotales que connaissent les ordres religieux. En effet, selon le

    président de la CECS, remplacer les religieux manquants par des laïcs équivaudrait à doubler, voire à tripler le prix des écolages. Avec les conséquences imaginables: "On est dès lors confronté à un apparent paradoxe...

    d’un côté les écoles privées correspondent à un réel besoin de la population, de l’autre, on doit fermer des écoles pour ne pas aboutir à des prix

    exhorbitants", commente-t-il.

    Des couches très diverses de la population, selon les cantons

    A Genève, le collège Saint-Louis semble avoir réussi à sortir de l’impasse. Sur une vingtaine d’enseignants, trois seulement sont des prêtres,

    et les écolages fixés selon un système de graduation en fonction du revenu

    des parents n’est pas au-dessus des normes appliquées dans le canton. Mais

    l’exemple du collège Saint-Louis est plutôt l’exception pour le canton de

    Genève, où la majorité des écoles catholiques s’adressent, selon Gilbert

    Bugnon, à des couches aisées de la population. En revanche, dans le canton

    de Fribourg, elles touchent les classes moyennes, tandis que dans les cantons de Vaud - notamment en ce qui concerne les écoles paroissiales - et du

    Valais, des milieux plutôt populaires en profitent.

    Au niveau des statistiques, il est intéressant de noter qu’à Genève, par

    exemple, l’ensemble des écoles catholiques groupent quelque 2400 élèves, ce

    qui représente la moitié des effectifs des écoles privées francophones et

    pas moins de 5% de l’ensemble des élèves scolarisables du primaire à la maturité.

    Rapports Etat-école

    Les rapports entre les écoles privées catholiques et l’Etat varient d’un

    canton à l’autre. A Saint-Maurice, en Valais, par exemple, pour des raisons

    historiques, l’école est reconnue par l’Etat qui prend en charge les salaires des professeurs et les fournitures scolaires comme pour une école publique. Ce n’est pas le cas à Genève, où les rapports entre les écoles privées et le Département de l’instruction publique sont gérés par des commissions. Il y a une autonomie totale et même "une saine émulation", note Gilbert Bugnon.

    Ecole confessionnelle?

    Selon le président de la CECS, les parents qui inscrivent leurs enfants

    dans une école catholique pour des motifs religieux représentent une infime

    partie. "Ce qui est en jeu, dit-il, c’est la réputation de l’école, la qualité de l’enseignement. Par la suite, l’aspect confessionnel est bien accepté ou toléré, ou encore supporté", affirme-t-il, avant de conclure: "Il

    ne fait aucun doute que l’école catholique garde encore une mission spécifique. Elle doit annoncer l’Evangile, la foi, tout en sachant qu’il faut se

    considérer dans un pays de mission, ce qui n’est pas toujours facile. L’annonce de l’Evangile doit se faire au travers de la vie communautaire où se

    vit notamment la solidarité; sans oublier l’importance de la catéchèse et

    de la sacramentalisation". (apic/pp/pr)

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