Suisse: le diagnostique prénatal peut être un fardeau (120193)
Lucerne, 12janvier(APIC) Le diagnostique prénatal peut être une aide pour
la femme, mais il peut aussi être un fardeau. Telle est l’opinion exprimée
par la Ligue suisse de femmes catholiques à l’issue d’une journée d’étude
mardi à Lucerne. On souligne aussi que la liberté de décision des parents
doit être respectée dans toutes les phases par les conseillers. Le diagnostique prénatal peut être accepté à certaines conditions, mais en vue d’un
éventuelle avortement il doit se voir opposer un non clair du point de vue
éthique.
Suzanna Braga, spécialiste en médecine génétique a souligné qu’avant un
examen, une discussion sur les conséquences de la découverte d’une pathologie est indispensable. C’est seulement au cours d’un dialogue qui tient
compte de toutes les dimensions de la décison, qu’un couple peut avoir les
bases pour prendre une décision indépendante et responsable. Le conseiller
doit toujours respecter la liberté de décision des parents afin que malgré
la découverte d’une anomalie la grossesse puisse malgré tout être assumée,
a expliqué Suzanna Braga. Un accompagnement psycho-social doit également
pouvoir être fourni indépendamment de la décision.
Mme Braga a regretté qu’il n’y ait de loin pas assez de personnes qui
puissent mener un tel accompagnement et que la question de son financement
ne soit pas réglée. Dans le public les explications concernant le diagnostique prénatal sont partiales et incomplètes. "Il manque l’information selon laquelle tous les tests possibles ne sont pas une garantie pour la bonne santé de l’enfant, et que les femmes et les hommes concernés portent
souvent lourdement les conséquences d’un diagnostique prénatal". La question du diagnostique prénatal, remarque le médecin, est en rapport avec
l’image de l’homme dans la société contemporaine. Si la société se transforme afin que chaque homme puisse y trouver sa place, chacun peut s’interroger et s’exprimer sur sa maladie, son handicap, sa différence ou sa pauvreté dans la mesure où il est prêt à aider les autres.
Andrea Arz de Falco, collaboratrice à l’Institut de théologie morale de
l’Université de Fribourg, a abordé l’aspect éthique du diagnostique prénatal. Elle a souligné que la combinaison de l’examen de la santé de l’enfant
avec l’éventualité d’un avortement en cas de découverte d’un handicap est
le problème le plus grave. Dans le cas où on conduit un examen prénatal
dans le but d’un avortement en cas de découverte négative, cet acte est déjà mauvais moralement. Si cet examen est fait pour la tranquillité des parents à qui on peut communiquer que leur enfant se porte bien, ou les
préparer à vivre avec un enfant handicapé, le diagnostique est moralement
bon. Le diagnostique prénatal peut être accepté à certaines conditions,
mais un avortement est cependant toujours suivi d’un non catégorique du
point de vue éthique.
Il existe aussi une morale pour laquelle il est primordial de ne pas
blesser l’autre, de protéger le réseau de relations et de laisser revenir
l’amour au plus grand nombre. A l’intérieur d’une telle représentation de
la justice de l’acte, il est pensable qu’une naissance d’un enfant handicapé, qui mettrait trop profondément en danger la vie commune de la famille
déjà existant,e puisse être empéchée à contre coeur, explique l’oratrice,
qui espère qu’une telle décision ne puisse jamais être prise le coeur léger.
Andrea Arz de Falco insiste: "Il est facile de ne pas vouloir un enfant
handicapé si l’homme ou la femme ne se sentent pas strictement tenus par
une morale catholique ou protestante. Mais il est toujours plus difficile
d’accepter un enfant comme don de Dieu dans son caractère unique et propre.
Afin de rendre plus facile la décision des parents en faveur d’un enfant,
les Eglises et la société doivent s’engager de manière significative pour
la vie sous toutes ses formes y compris pour les invalides et les handicapés et ceci pas seulement théoriquement mais dans des aides pratiques pour
l’intégration des handicapés et de leur entourage. (apic/oe/mp)