Suisse: lancement de la collecte de décembre de Caritas (171192)
Berne, 17novembre(APIC) Effet de serre, trou d’ozone, destruction de la
forêt vierge, érosion de la biodiversité: les nouvelles sont toujours plus
inquiétantes. D’autant plus qu’elles se prolongent dans le sillage de la
pauvreté croissante. La misère est à la fois conséquence et source des atteintes à l’environnement. C’est sur ces constatations que Caritas Suisse a
lancé mardi à Berne sa collecte de décembre. Avec un slogan: "L’aide au développement protège aussi l’environnement", mais aussi une vérité: "La terre appartient à nos enfants". Une campagne 1992 qui coïncide avec le lancement, par l’organisation catholique d’entraide, de sa nouvelle brochure
consacrée à l’idée d’introduire au niveau de la Constitution fédérale un
droit au minimum vital pour les plus démunis en Suisse.
Lors d’une conférence de presse, le directeur de Caritas Suisse, Jürg
Krummenacher, a expliqué les grandes lignes de la nouvelle campagne, puis
rendu compte des programmes d’aide d’urgence actuellement en cours, en Bosnie, en Afrique, ainsi qu’au nord de l’Irak. Jürg Krummenacher a ainsi souligné que les projets de coopération au développement contribuent à prévenir la catastrophe écologique qui menace la survie de la planète. Appuyé en
cela par les exemples fournis par Fernando Barrientos, directeur de Caritas
Tarija (Bolivie), organisation avec laquelle collabore l’oeuvre suisse depuis de nombreuses années.
La dernière conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement tenue à Rio de Janeiro a relancé les débats: l’homme est aujourd’hui confronté à deux grands défis indissociables: la lutte contre la
pauvreté et la conservation des ressources naturelles. "La croissance incontrôlée des pays riches est l’une des principales causes de la crise écologique. Il en va de même pour la pauvreté". Pour le directeur de Caritas,
"la destruction de l’environnement ne peut être endiguée que si les causes
fondamentales de la pauvreté disparaissent".
Et de citer des chiffres à l’appui: les pays industrialisés, qui représentent 23% de la population mondiale, utilisent 75% de l’acier, 60% de la
production alimentaire, 70% de l’énergie, 85% de la production forestière
et sont responsables de 80% des émissions de CO2 dans le monde. "Nos partenaires du Sud ont raison de parler de ’dette écologique’".
Pour un nouveau partenariat global
C’est dans ce contexte que Jürg Krummenacher défend le concept d’un
"nouveau partenariat global". Car avec le slogan de la collecte de décembre, c’est bien sur cette dimension de destruction de la nature que Caritas
entend mettre l’accent. Pour son directeur, l’effondrement de prix des matières premières met également en lumière la liaison entre la pauvreté et
la destruction écologique. D’oû l’impérative nécessité d’une action globale
et coordonnée des organisations internationales, des gouvernements et des
oeuvres d’entraide. Sans oublier les consommateurs qui ont également leur
rôle à jouer. "Car on ne viendra pas à bout de la crise écologique sans
changer de mode de vie".
Et comme l’a démontré Fernando Barrientos, à l’aide d’exemples tirés
d’un programme d’amélioration des terres soutenu par Caritas Suisse, la coopération au développement contribue à la protection de l’environnement:
"Aujourd’hui pratiquement tous les projets de développement agricole tiennent compte de l’équilibre écologique. A Tarija, le nombre de personnes
contraintes de fuir la famine a diminué".
Jürg Krummenacher a conclu en présentant des programmes d’aide d’urgence
en ex-Yougoslavie où avec la participation d’autres organismes 4’000 réfugiés bosniaques sont soutenus aux alentours de Zagreb. En Afrique aussi, où
l’aide engagée se chiffre à 7 millions de francs, dont 1,5 million pour la
Somalie, dans le nord de l’Irak enfin, en faveur des Kurdes de cette région.
ENCADRE
La collecte de décembre de Caritas Suisse a en outre permis de présenter
la nouvelle brochure de l’oeuvre catholique d’entraide consacrée aux petits
revenus. Sous le titre "La garantie du minimu vital est un droit humain.
Discussion sur un revenu minimum garanti - Tour d’horizon et réflexions",
les responsables donnent un aperçu sur l’état actuel de la question, c’està-dire la nécessité d’adapter le système de la sécurité sociale à l’appauvrissement croissant de la société en Suisse. La documentation formule de
nombreuses interrogations: comment calculer le besoin vital minimum? Qui
sont les ayant droits? Comment assurer le financement?. Caritas propose une
approche pragmatique. L’introduction, au niveau de la Constitution fédérale, d’un droit au minimum vital représenterait un premier pas vers une révision de la sécurité sociale. Le but? Corriger les lacunes et les insufffisances actuelles, uniformiser et simplifier le système de sécurité sociale. Pour Caritas, dans une Suisse qui compte déjà près de 110’000 chômeurs
et où la pauvreté est chaque jour plus grande pour certains citoyens, il
convient de desserrer le lien unilatéral entre la garantie du minimum vital
et le revenu salarial. (apic/pr)