Suisse: la législation sociale doit être réorganisée (060291)
Zurich, 6février(APIC) Il faut introduire un revenu minimum vital (RMV)
pour combattre la pauvreté due à des raisons structurelles : c’est la conclusion d’une session qui a réuni récemment à Zurich des travailleurs sociaux de Caritas Suisse, Kovive, la Fédération suisse des familles monoparentales et la Paulus-Akademie de Zurich. Les participants ont insisté sur la
nécessité de réorganiser la législation sociale helvétique afin d’assurer
une protection sociale suffisante à tous les citoyens, précise un communiqué de Caritas Suisse.
"Aujourd’hui, l’aide sociale est accordée en fonction des causes individuelles de la pauvreté et non pas selon les besoins de la personne en
question", ce qui fait que beaucoup "tombent entre les mailles" du filet
social, a relevé Thomas Mächler, de Caritas Suisse. De son côté le professeur Pierre Gilliand, de l’Université de Lausanne, a demandé que le système
de protection sociale soit réorganisé; "cette réorganisation n’entraîne pas
nécessairement une augmentation des coûts sociaux", a-t-il ajouté.
La Suisse est en état de financer un RMV
D’après l’économiste Martino Rossi, de l’Institut de recherche économique du canton du Tessin, un RMV fixé à 1’500 francs est acceptable : il signifierait un coût global de 1,35 million de francs, c’est-à-dire un tiers
du budget militaire de la Suisse. Pour Ueli Mäder, sociologue à l’Université de Bâle, "le RMV permettrait de rendre aux personnes défavorisées leur
dignité. Elles auraient alors en effet droit à un revenu et non pas à une
prestation de soutien". D’autre part, le RMV dégagerait le travail social
dans la mesure où, n’ayant plus à s’occuper de résoudre des problèmes financiers, ce dernier pourrait se consacrer à d’autres activités plus essentielles.
La session a permis d’aborder un autre aspect du problème: la protection
sociale de la population qui n’exerce pas une activité rémunérée et qui par
là même est exclue du système d’assurance sociale actuel. Un RMV garanti
par l’Etat pourrait constituer un premier pas, mais ne saurait suffire, ont
relevé les participants, convaincus que l’on ne pourra pas répondre aux défis sociaux qui se présenteront à l’avenir en amplifiant simplement les assurances sociales et l’assistance. (apic/com/ec)