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    Le président du Congrès juif mondial (CJM) dans le collimateur

    Suisse: La Fédération suisse des communautés israélites exige des excuses d’Israel Singer

    Genève, 27 janvier 2005 (Apic) La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) exige des excuses d’Israel Singer, président du Congrès juif mondial (CJM). Mardi 25 janvier à Berlin, à l’occasion du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, ce dernier a qualifié la neutralité suisse face au mal nazi durant la Seconde Guerre mondiale de "crime".

    Aux yeux du responsable de la plus importante organisation juive du monde entier, les campagnes récentes visant à dédommager les victimes de la shoah "ont forcé l’Europe à briser le mythe que l’Allemagne seule était responsable pour les péchés de l’holocauste: l’Autriche était le premier complice conciliant et non la première victime, pas tous les Français ont soutenu de Gaulle". Et d’estimer encore que la neutralité de la Suisse durant la guerre était un "crime".

    Polémique inutile

    Placer la neutralité helvétique sur le même plan que la "complicité" de l’Autriche ou la "collaboration" en France a heurté les esprits en Suisse. Cet "écart de langage", selon les mots de l’historien Jean-François Bergier, ancien président de la Commission indépendante d’experts sur la Suisse et la Seconde Guerre mondiale, dessert certainement la lutte du gouvernement et de nombreux mouvements contre les relents d’antisémitisme d’une certaine extrême-droite nostalgique, remarquent les observateurs.

    De son côté, Alfred Donath, président de la FSCI, a jugé "inacceptables" les propos tenus par Israel Singer, un juif américain fils de réfugiés autrichiens élevé dans la quartier de Brooklyn, à New York. Dans le journal "Le Temps" de jeudi, Alfred Donath affirme son intention de protester auprès du Congrès juif européen, dont il est membre de la présidence. Il souhait non seulement qu’Israel Singer s’excuse, mais qu’il quitte la présidence du bureau des gouverneurs du Congrès juif mondial, "car il s’est disqualifié".

    Alors que l’on commémore les 60 ans de la libération d’Auschwitz.

    Pour A. Donath, Israel Singer devrait présenter des excuses publiques à la Confédération ou à son président Samuel Schmid. Quant aux autorités suisses, "elles devraient réagir et ne pas laisser passer une attaque comme celle-ci", estime le président de la FSCI. Qui juge "totalement inacceptable" la phrase d’Israel Singer qualifiant de "crime" la neutralité suisse durant la guerre. "Même si son rôle n’a pas été toujours tel qu’on aurait pu l’attendre d’un point de vue éthique, la Suisse l’assume et s’en est excusée".

    Alfred Donath affirme que les relations entre sa Fédération et Israel Singer, soupçonné d’avoir détourné 1,2 million de dollars à son profit, sont tendues à tel point "qu’on ne se parle plus que par avocats interposés". Le président de la FSCI regrette que cette polémique survienne alors que l’on commémore le 60e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz. (apic/com/letemps/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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