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    Aperçu historique

    Suisse : la Conférence des évêques fête ses 125 ans d’existence (080688)

    Fribourg, 7juin(APIC/Hans Rahm) La Conférence des évêques suisses tient

    sa 200ème séance ordinaire à Einsiedeln, du lundi 6 au mercredi 8 juin. Elle fête également cette année son 125ème anniversaire. Elle est de ce fait

    la plus ancienne Conférence épiscopale se réunissant régulièrement. L’assemblée constitutive se tint le 1er décembre 1863, après la période

    troublée qui suivit la fin de la guerre du Sonderbund.

    A côté de l’élaboration du règlement de la Conférence, l’assemblée constitutive avait ce jour-là comme unique tractandum la question de la nonciature en Suisse. Les évêques décidèrent de consacrer toutes leurs forces

    au maintien du nonce dans notre pays. Le premier règlement, qui a subi des

    adjonctions, est resté en vigueur jusqu’en 1961. Il était très simple à observer, car il ne comprenait que quatre articles. L’article 1er fixait que

    tous les ans une conférence devait être tenue, ce qui a d’ailleurs presque

    toujours eu lieu. En 1931, la Conférence dut tenir pour la première fois

    une deuxième session - session extraordinaire - en raison de la surcharge

    de travail.

    Dans le deuxième article, il était inscrit ce que les évêques voulaient

    traiter ensemble dans la Conférence: "Des questions qui traitent de

    l’intérêt des âmes ... afin que les efforts réunis tendent plus efficacement au but de leur sainte mission". Dès le début, la Conférence des

    évêques se montra à la hauteur face à la Confédération. Elle n’a pas craint

    de s’opposer avec véhémence aux empiètements du gouvernement dans les affaires de l’Eglise. Elle publia ainsi en 1881 une lettre pastorale contre

    l’intervention de l’Etat dans les affaires de l’Eglise. Elle dénonça

    différentes violations de la liberté de culte, l’intervention dans les coutumes de l’Eglise, l’interdiction des processions, les mauvais livres et

    l’entrée en scène combative des vieux-catholiques qui convoitaient la

    cathédrale St-Urs de Soleure et celle de St-Gall.

    Le grand intérêt des laïcs pour une Conférence des évêques

    En 1847 déjà, il y avait eu des tentatives pour former un concile

    regroupant l’ensemble des évêques suisses. C’est particulièrement du côté

    des laïcs que cette idée fut sérieusement discutée, particulièrement en

    1855 lorsque l’Assemblée fédérale dominée par les radicaux abolissait arbitrairement les liens rattachant le Tessin au diocèse de Milan et de Côme.

    Le "Piusverein" fondé en 1857, le précurseur du "Schweizerischer Katholischer Volksverein", a joué un rôle non négligeable dans cette problématique. Toutes forces réunies, les laïcs voulaient défendre les droits de

    l’Eglise catholique, d’une part par le biais de la politique et d’autre

    part à travers un soutien commun aux évêques.

    C’est seulement en 1863 lors de la consécration du nouvel évêque de

    Bâle, Mgr Eugène Lachat, qu’eut lieu la première séance. En 1966 fut mis

    sur pied un secrétariat professionnel de la Conférence des évêques. Quant

    aux statuts de la Conférence, ils restèrent en vigueur 98 ans durant. C’est

    seulement après le Concile Vatican II qu’il devint nécessaire de les

    modifier. Un premier projet fut établi en 1961 pour cinq ans. Les nouveaux

    statuts de 1966 furent remaniés en 1975 et définitivement adoptés. Depuis

    cette date, ce n’est plus le doyen qui est automatiquement président de la

    Conférence des évêques, mais on élit le président pour trois ans.

    La composition de la Conférence des évêques

    La composition de la Conférence des évêques suisses reflète bien à travers les âges l’histoire des rapports entre l’Eglise et l’Etat. Au début

    les évêques de St-Gall, Bâle, Coire et Sion étaient présents ainsi que Lausanne et Genève. Genève a été longtemps (de 1865 à 1883) représenté séparément par Mgr Mermillod, évêque titulaire d’Hébron. Il ne put participer à

    la session de 1873 parce qu’il était en exil. En 1885, Mgr Eugène Lachat

    participa pour la première fois à la séance comme aministrateur apostolique

    du Tessin. Notons que c’est en 1971 seulement que le nouveau diocèse de Lugano obtint son propre évêque.

    L’Abbé de St-Maurice et évêque titulaire de Bethléem participa aux sessions depuis 1871, bien que St-Maurice ne fût pas encore reconnu comme

    "territorium nullius" - un territoire indépendant d’un évêché, dans lequel

    l’Abbé a pour l’essentiel les tâches d’un évêque diocésain. Ce n’est qu’en

    1933 que ce fut formellement le cas. L’Abbé d’Einsiedeln en revanche ne

    participa aux séances qu’après la reconnaissance comme "territorium nullius" en 1948 de son territoire, cela bien que la Conférence des évêques

    ait siégé à différentes reprises à Einsiedeln. A côté des six évêques du

    lieu et des Abbés de St-Maurice et de Einsiedeln, les cinq évêques auxiliaires actuels des diocèses suisses appartiennent aussi à la Conférence

    des évêques.

    Notons surtout, comme fait marquant l’histoire récente de la Conférence

    des évêques, la discussion de la lettre aux prêtres sur l’hospitalité eucharistique du mois de septembre 1986. Cette lettre a même provoqué une

    crise de confiance au sein de la Communauté de travail des Eglises

    chrétiennes en Suisse. Mais ce qui a occasionné un certain désenchantement

    dans le mouvement oecuménique a aussi conduit à une discussion approfondie

    sur l’essence et la compréhension de l’eucharistie et de la sainte cène. Au

    point de vue politique, les prises de position claires de la Conférence des

    évêques contre la politique de l’apartheid en Afrique du Sud et en faveur

    d’une politique d’asile généreuse ont heurté d’autres sensibilités.

    (apic/ra/bd)

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