Suisse: la Communauté de Travail ne soutient pas le référendum (171091)
Les organisations d’entraide relèvent le défi
Berne/Lausanne, 17octobre(APIC) Le référendum lancé jeudi matin à Berne
par diverses organisations et mouvements suisses contre l’adhésion de la
Suisse au Fonds Monétaire international (FMI) et à la Banque Mondiale ne
sera pas soutenu par la Communauté de Travail Swissaid, Action de Carême,
Pain pour le Prochain et Helvetas. La Communauté de Travail, qui avait formulé un certain nombre de réserves quant à cette adhésion, voire menacé de
lancer un référendum, précisément, a obtenu les garanties nécessaires de
Berne sur plusieurs points, a déclaré à l’agence APIC Mario Carera, secrétaire de la Communauté de Travail.
Selon les organisations suisses d’entraide, le FMI et la Banque Mondiale
jouent un rôle clé dans la politique économique mondiale et dans le règlement de la crise de l’endettement. "Comme membre du FMI et de la Banque
Mondiale, la Suisse devra s’engager en faveur de programmes et projets sociaux respectueux de l’environnement et, pour ce faire, elle se doit de
renforcer le groupe des pays industrialisés ouverts aux réformes".
Dans ce sens, explique la Communauté de Travvail, le souhait d’un engagement constructif de la Suisse transforme la décision du parlement d’adhérer au FMI et à la Banque Mondiale en un "défi pour les organisations d’entraide". Ces dernières, relève-t-on, entendent jouer un rôle actif, "en
particulier en intégrant les expériences de ses partenaires des pays en
voie de développement et en élaborant un programme d’ajustement structurel
pour un développement de la Suisse compatible avec celui du monde".
Pour Mario Carera, "un référendum contre l’adhésion de la Suisse" aux
deux institutions "n’apporte aucun bénéfice aux populations les plus pauvres des pays en voie de développement. Il n’apporte aucune amélioration
aux critiques justifiées des politiques économiques, sociales ou environnementales du FMI et de la Banque Mondiale". Reste que "l’adhésion ouvre des
perspectives de co-décisions, de co-responsabilités dans l’intérêt de nos
partenaires du Sud et de l’ouverture de la Suisse", relève-t-il en faisant
remarquer que la Communauté de Travail préfère se battre de l’intérieur
plutôt que de mener un combat d’arrière-garde comme le font les initiateurs
de ce référendum". (apic/pr)