Reconnaissance et revalorisation du bénévolat
Delémont, 18 mars 1991 (APIC) La Commission de la Conférence des évêques suisses (CES) "Femmes dans l’Eglise" a siégé les 15 et 16 mars derniers dans le Jura en présence de Mgr Gabriel Bullet, évêque auxiliaire de Lausanne, responsable du dicastère "Mission des femmes dans l’Eglise". La Commission, créée en mai 1989, a émis entre autres le voeu que l’Eglise tienne compte de l’évolution du partage des tâches entre hommes et femmes dans la société actuelle, notamment au niveau de l’engagement des bénévoles.
Comme son nom l’indique, la Commission a pour but de définir la place de la femme dans l’Eglise catholique suisse; les quinze personnes qui la composent s’appliquent à fixer les principes de la formation des femmes. Des enquêtes portant sur le travail bénévole et sur le nombre de femmes employées dans l’administration ecclésiastique sont en voie d’exécution à l’Institut de sociologie pastorale de Saint-Gall. Elles serviront à préciser et à orienter les souhaits actuels de la Commission. Des souhaits qui portent sur la reconnaissance et la revalorisation du bénévolat, mais aussi sur le droit à la formation de ces mêmes bénévoles.
Les femmes sont actives depuis longtemps dans l’Eglise. Elles le sont pour la plupart de façon bénévole. Partant de ce constat, la Commission estime que leur travail doit être reconnu. Pourquoi en effet ne pas délivrer un certificat attestant de leur activité au sein de l’Eglise? Même et surtout si cette activité n’a pas été rétribuée. Dans la foulée, la Commission se demande si l’Eglise ne devrait pas examiner la possibilité de verser des cotisations AVS aux bénévoles. Plus simplement aussi, elle souhaite que le travail bénévole soit revalorisé. Par des mentions dans des rapports ou des remerciements.
Autre voeu émis à Delémont: que l’Eglise tienne compte de l’évolution du partage des tâches entre hommes et femmes dans la société actuelle; qu’elle en tienne compte notamment au niveau de l’engagement des bénévoles.
Le droit à la formation
Les bénévoles engagées dans l’Eglise ont droit à une formation. En matière de liturgie par exemple, les paroisses pourraient délivrer un mandat officiel aux femmes qui désirent se former. Ceci dans le but de ne plus laisser la formation à la charge de la personne. La Commission estime par ailleurs que l’encadrement des bénévoles est important. Sa mise sur pied postulerait une structure composée de professionnels. A l’instar de Caritas qui forme et encadre ses bénévoles.
En matière de liturgie encore, les membres de la Commission souhaitent une réflexion qui pourrait aboutir à de nouvelles formes tenant compte de la participation des femmes. Les représentantes de la partie alémanique ont pour leur part demandé que le langage liturgique respecte une certaine sensibilité féminine.
Tous ces désirs concrets de la Commission "Femmes dans l’Eglise" seront présentés à la session de juin de la CES. Avec les conclusions des enquêtes, ils deviendront les premiers fondements de la formation des femmes dans l’Eglise. Ils prépareront ainsi la place de la femme dans l’Eglise de demain. (apic/sic/pr)