Luzern, 20avril(APIC) En Erythrée et au Tigré, plus d’un million de personnes risquent de mourir de faim sous peu. Une famine tragique ravage à
nouveau le nord de l’Ethiopie. Elle est due à la sécheresse et aux pertes
de récolte ainsi qu’aux hostilités qui s’aggravent entre les troupes gouvernementales et le Front de libération de l’Erythrée. Cette nouvelle situation pousse les délégués de la Caritas à agir dans des circonstances extrêmement difficiles. Selon le délégué de cet organisme humanitaire en
Ethiopie, Bruno Strebel, "Tout fait défaut: camions, aliments, essence et
argent...".
Les mesures d’aide internationale qui ont été prises sont encore tout à
fait insuffisantes. Strebel en impute la faute entre autres, à la situation
militaire et politique bloquée de l’Ethiopie qui se reflète dans l’aide
alimentaire internationale. L’administration centrale à Addis Abeba n’accède plus aux zones sinistrées, tandis que les organisations humanitaires des
mouvements de libération ne reçoivent que très peu de soutien à leurs programmes d’aide urgente de la part de l’étranger, abstraction faite des
oeuvres d’entraide non-gouvernementales.
Actuellement, un tiers seulement des biens de secours nécessaires peut
être transporté, par exemple, dans la zone sinistrée de Tigré. Dès le début
de la saison des pluies, en juin, les routes deviendront impraticables au
Soudan, seule véritable porte d’accès en ce moment au Tigré qui n’est accessible ni depuis le sud, en passant par la route principale, ni par les
ports maritimes. L’assistance médicale fait également défaut, pour 4,5 millions d’habitant au Tigré, il n’y a que neuf médecins. A cause de la malnutrition, il y a en ce moment une impressionnante poussée de tuberculose.
La Caritas qui opère sans interruption en Ethiopie septentrionale depuis
1972 a mis à l’épreuve sa stratégie de soutien et l’a adapté aux exigences
de la situation actuelle en se basant sur ses propres informations ainsi
que sur les comptes rendus de ses partenaires locaux. Selon son Directeur,
Fridolin Kissling, cette stratégie signifie concrètement que "Caritas Suisse poursuit son aide d’urgence en faveur des victimes de la famine au Tigré
et en Erythrée dans le cadre de ses possibilités. Pour accomplir cette tâche, Caritas utilise tous les canaux possibles, dans le but d’accéder aux
personnes qui ont besoin de son aide". Et M. Kissling de conclure: "Caritas
ne se laissera toutefois pas accaparée, par aucun des camps en conflit.
Nous prenons parti pour les affamés". (apic/pe)