Suisse: l’EEE et la libre circulation des personnes (101192)
Berne/Lucerne, 10novembre(APIC) L’introduction par étapes de la libre
circulation des personnes prévue par le traité sur l’Espace Economique Européen est certainement un des points du traité qui suscite le plus d’incertitudes et de craintes parmi la population suisse. La Conférence des
évêques suisses et la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse
(FEPS) ont tenu à apporter leur contribution au débat. Le Comité de coordination des Eglises pour les questions concernant les étrangers vient de publier à cet effet une brochure de 24 pages. Le texte examine les conséquences concrètes de l’EEE, ses effets prévisibles et les facteurs d’incertitude.
La crainte d’un afflux d’étrangers en Suisse, est une des plus fréquemment exprimée, de même que celle d’une augmentation du chômage et d’une
pression à la baisse sur les salaires. Ces craintes doivent être prises au
sérieux, mais surtout relativisées explique la brochure. Depuis que la libre circulation des personnes existe dans la Communauté européenne, on n’a
pas enregistré de mouvements migratoires importants. En outre, l’EEE lie la
liberté d’établisssement à l’existence d’un contrat de travail et limite à
trois mois le séjour en Suisse des étrangers en recherche d’emploi. Enfin
la Suisse bénéficie d’une période d’adaptation de cinq ans. Quant à une
augmentation du chômage, elle ne serait pas due à l’EEE, mais aux conditions générales de l’économie suisse, souligne le document. La tendance à
une baisse des salaires touchera surtout les groupes de métiers moins qualifiés dont les femmes, mais l’accord EEE laisse aux pays le soin de trouver des mesures équilibrées pour le maintien des revenus des travailleurs.
De plus l’EEE améliore la protection des travailleurs en cas de licenciement et leur participation dans l’entreprise.
A l’inverse, certains craignent une fermeture de la "forteresse Europe"
face au tiers monde. Le Comité de coordination prend également ce souci au
sérieux. Les récents développements font en effet penser que le droit
d’asile sera rendu encore plus difficile pour les ressortissants du tiers
monde.
Avec ou sans EEE, l’Europe de l’avenir ne sera pas déterminée par sa
seule économie, mais encore par son évolution sociale et culturelle. La
brochure se termine par six recommandations sur les orientations à prendre
dans ce domaine. (apic/spp/com/mp)
"L’espace économique européen (EEE) et la libre circulation des personnes", octobre 1992, 24 p. disponible au prix de 7 francs auprès de la SKAF
Neustadtstr. 7, 6003 Lucerne tél. 041/ 23 03 47 ou de la FEPS, case postale
36, 3000 Berne 23, tél. 031/ 46 25 11