Session de Caritas sur le "revenu minimum vital"
Lucerne, 18septembre(APIC) La pauvreté existe aussi en Suisse. L’actuel
réseau social s’avère de plus en plus insuffisant. La recherche de nouvelles solutions en vue d’un avenir social en Suisse est urgent. C’est ce qui
ressort d’un débat mis sur pied par Caritas Suisse en collaboration avec
d’autres organisations au cours duquel des experts ont discuté des avantages et inconvénients d’un revenu minimum vital.
Après la croissance économique des dernières décennies, qui a entraîné
une sécurité matérielle sans précédent pour une grande partie de la population suisse, la pauvreté frappe un nombre croissant de citoyens et citoyennes.
Ces derniers ne sont pas en mesure de concurrencer tant au niveau du savoir, du travail qualifié que du salaire un groupe de la population bien
rémunéré. La pénurie de logements ainsi que l’explosion des loyers et des
frais de santé démontrent déjà nettement l’insuffisance de l’actuel réseau
social. On commence à se rendre compte que les changements restreints dans
la politique sociale ne peuvent résoudre à long terme les problèmes, mais
qu’il est au contraire indispensable de développer de nouvelles approches.
La France a fait un premier pas en direction d’un revenu minimum vital en
introduisant, comme premier pays de la Communauté européenne, un "revenu
minimum d’insertion".
La possibilité d’un revenu minimum vital
Les huit exposés du compte-rendu de la session "revenu minimum vital" se
sont penchés sur les problèmes suivants: est-il raisonnable, vu les lacunes
du système d’assurance sociale, d’appliquer un revenu minimum en Suisse? A
quel montant devrait-il être fixé? Quels en sont les coûts? Comment les financer? Et quelles seraient les conséquences psychosociales d’une telle politique?
A l’exposé introductif du moraliste social Alberto Bondolfi, qui esquisse le rôle des pauvres à travers l’histoire de l’Europe, succèdent les réflexions de la juriste Isabelle Mahrer sur l’insécurité des femmes dans la
société actuelle, et de Thomas Mächler, de Caritas Suisse, qui fait l’inventaire du réseau social actuel de la Suisse tandis que Daniel Fayard, du
mouvement "Quart Monde", à Paris, expose les expériences faites par la
France avec le "revenu minimum d’insertion.
Antonin Wagner, Recteur de l’Ecole du travail social à Zurich examine le
phénomène de la pauvreté dans un contexte économique global. Pierre Gilliand, professeur à l’Université de Lausanne compare, de son côté différents
concepts d’un revenu minimum vital en vue des chances de mise en pratique,
tandis que l’économe Martino Rossi, évalue comment un revenu minimum vital
pourrait être financé en Suisse.
Une mise en oeuvre pratique est souhaitable
Le compte-rendu s’achève par les réflexions du sociologue bâlois Ueli
Mäder, qui analyse les conséquences sociales d’un revenu minimum vital. Ses
conclusions soulignent la complexité de la problématique et la nécessité
d’un projet pilote: "Il me semble important de discuter ouvertement des
problèmes qui restent à résoudre... L’introduction du revenu minimum vital
n’apporterait pas grand chose si on ne continuait pas en même temps, de
travailler à la démocratisation de l’économie et de la société. Au contraire, les conséquences pourraient même être négatives. Pourtant, des tentatives de mettre correctement en oeuvre ces idées sont souhaitables. (apiccom/sjb)