Suisse: l’ambassadeur spécial auprès du Vatican muté au Japon (210193)
Berne/Rome, 21janvier(APIC) L’ambassadeur spécial de la Suisse auprès du
Vatican, Jenö Staehelin, qui est en même temps chef de division I de la direction politique du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE),
reprendra dans quelques mois la direction de l’ambassade suisse au Japon.
La nouvelle a été confirmée jeudi à l’agence APIC par le porte-parole du
DFAE, Christian Meuwly, qui a expliqué que ce changement faisait partie de
la rotation habituelle du personnel diplomatique et que le départ de Berne
de Jenö Staehelin impliquait aussi l’abandon de ses tâches auprès du Vatican.
La nomination de son successeur tant à la tête de la division I qu’au
poste d’ambassadeur spécial auprès du Vatican sera annoncée en temps opportun, a déclaré Christian Meuwly.
Jenö Staehelin est depuis plus de cinq ans à Berne. La rotation a lieu
normalement après trois ans, mais au plus tard après dix ans. C’est le 30
octobre 1991 que Jenö Staehelin a été nommé ambassadeur auprès du SaintSiège, après un assez vif débat au sein des chambres fédérales. La Suisse
n’avait en effet plus d’ambassadeur auprès du Saint-Siège depuis 1874, année de la rupture des relations diplomatiques. Le Saint-siège ayant de son
côté un nonce apostolique à Berne depuis 1920, date où les relations diplomatiques ont été rétablies.
Dans les cercles proches de l’ambassade suisse à Rome, on déclare qu’il
serait absolument anormal de laisser vacant ce poste alorsqu’il a fallu
tant d’années pour le créer.
Jenö Staehelin s’est encore rendu au mois de décembre au Vatican pour
exprimer la "vive préoccupation" du Conseil fédéral à propos de l’"Affaire
Haas". Il a rencontré notamment Mgr Jean-Louis Tauran, "ministre des affaires étrangères" du Vatican.
Le secrétaire de la Conférence des évêques suisses (CES), le Père Roland-B. Trauffer a déclaré, à l’annonce du retrait de Jenö Staehelin, que
la CES tenait en haute estime le travail accompli par celui-ci. Elle a particulièrement été frappée par le fait que l’ambassadeur spécial, bien que
non catholique, ait une connaissance aussi détaillée des questions. Ceci
est d’autant plus remarquable étant donné qu’il ne pouvait s’appuyer sur
l’expérience d’un ambassadeur précédent.
Les opposants à la nomination d’un ambassadeur auprès du Saint-Siège,
dont le conseiller national évangélique bernois Otto Zwygart, ont demandé
de laisser tomber à cette occasion la mission spéciale et de revenir à
l’état antérieur. Otto Zwygart a cependant précisé ne pas vouloir faire de
pression pour le retrait du nonce. (apic/mp)