Suisse: L’Action de Carême répond aux critiques (230392)
"Le point de vue des opprimés"
Lucerne, 23 mars(APIC) L’Action de Carême rejette les critiques concernant
la campagne de Carême 92 intitulée "A qui cette terre ?", lancées la semaine dernière par l’abbé Christoph Casetti, le vicaire général de Mgr Haas
pour le canton de Zurich. L’oeuvre d’entraide des catholiques suisses explique dans une déclaration que la campagne 92 - qui se situe dans le cadre
du 5e centenaire de l’évangélisation des Amériques et propose une meilleure
distribution des terres en Amérique latine - veut faire mémoire des victimes pour tirer les leçons du passé, éveiller notre responsabilité dans la
situation actuelle et apporter notre soutien à tous ceux qui, en Amérique
latine, aspirent à trouver des solutions à long terme pour résoudre les
problèmes fonciers.
Il ne s’agit pas de "faire de l’argent avec la mauvaise conscience",
comme l’a prétendu l’abbé Casetti. Quant au reproche d’une peinture "en
noir et blanc" de la "découverte" de l’Amérique, l’Action de Carême répond
que la colonisation violente de l’Amérique latine et le massacre des populations qui s’en est suivie sont "des faits irréfutables". L’histoire doit
aujourd’hui justement être considérée du point de vue des populations indiennes concernées et l’on doit faire mémoire des victimes. "Il en va aussi
de la crédibilité d’une oeuvre d’entraide qui travaille en collaboration
avec les peuples concernés".
Il existe aujourd’hui une tendance dans quelques milieux de l’Eglise de
chercher les "signes de lumière dans l’ombre de l’histoire" qui existent
heureusement aussi, au lieu de montrer la mesure de la catastrophe humaine
que représente la Conquista (la conquête). Mais il convient de se demander
si on ne sert pas mieux l’Evangile en reconnaissant toute l’ampleur de cette tragédie, également l’implication de l’Eglise: de nombreux ecclésiastiques furent également de grands propriétaires terriens; les procédés violents utilisés contre les populations indiennes autochtones ont été légitimés par la désobéissance à l’Eglise. L’action de Carême poursuit: "Il ne
s’agit pas d’une injustice, mais d’un devoir à l’égard des victimes".
L’action de Carême précise encore que sa documentation pour la campagne
1992 a reçu une appréciation du Conseil pontifical "Cor unum" à Rome. Le
dossier a été qualifié de "documentation approfondie pour la sensibilisation et l’ouverture spirituelle des hommes dans le souci d’un nouvel ordre
mondial conforme à l’esprit du Christ." (apic/oe/mp)