Cinq personnalités romandes s’y associent pour dénoncer la torture(060493)
Lausanne, 6avril(APIC) Cinq personnalités romandes ont appuyé, par leur
présence et en s’engageant pour les cas de cinq torturés dans le monde, la
nouvelle campagne "Trop jeune pour se taire", lancée mardi à Lausanne par
l’ACAT-Jeunes de Suisse. Une campagne qui s’achèvera le 10 décembre, Journée universelle des droits de l’homme, après avoir été ponctuées d’actions
concrètes en mensuelles dans plusieurs villes romandes, sous forme de récolte de signatures, de manifestation diverses appelées à sensibiliser
l’opinion.
La torture existe dans le monde aujourd’hui! Pour le dénoncer, le rappeler et rompre le silence complice qui rend possible semblable fléau,
l’ACAT-Jeunes en Suisse (l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) part en campagne. Et avec eux, pour clamer que la torture porte un
masque parce que c’est l’humanité entière qui a honte d’elle-même, la syndique de Lausanne, Yvette Jaggi, l’architecte Vincent Mangeat, le comédien
Philippe Cohen, Pierre Dufresne, ancien-rédacteur en chef du "Courrier" et
président du Centre international catholique de Genève, ainsi que le Père
jésuite Albert Longchamp, rédacteur en chef de "L’Echo Illustré". Personnalités certes diverses, mais unies avec les jeunes de l’ACAT pour dire non,
plus jamais cela.
Un slogan: "Trop jeune pour se taire", un masque, symbole de la campagne
derrière lequel se cache les tortionnaires.... mais aussi celui que porte
les milliers d’individus anonymes qui les subissent quotidiennement dans le
monde. Et cinq personnalités afin de présenter les cas de cinq torturés,
dans cinq continents. Pour opposer à la torture universelle la Déclaration
universelle des droits de l’homme... si mal appliquée. Et dire que l’indifférence est la meilleure alliée de la répression.
Une action nécessaire
La question de savoir à quoi peut servir aujourd’hui de se pencher sur
le sort des hommes victimes de la torture, des exécutions extrajudiciaires
ou "légales" aux yeux de la société - qui a fait de la peine de mort sa
sanction suprême -, les cinq sections de l’ACAT-Jeunes romandes (trois à
Fribourg, une à Genève et une autre à Lausanne), ne se la posent pas. Ils
agissent. La preuve? Du 1er septembre 1991 au 31 août 92, pour des interventions dans 49 pays concernant 418 personnes, l’ACAT compte 26 libérations. 26 personnes arrachées des mains des tortionnaires, grâce aux dénonciations, aux lettres et aux pressions exercées auprès des gouvernements
concernés. "N’y aurait-il eu qu’une personne sauvée que l’ACAT trouverait
pleinement sa raison d’être".
"Trop jeune pour se taire", disent les jeunes de l’ACAT, face à la répression qui frappe Sonam Wangdu, un commerçant tibétain de 36 ans, torturé
et condamné à la prison à vie; Chakufwa Chihana, un dirigeant politique du
Malawi, emprisonné parce que partisan de la démocratie, détenu dans des
conditions inhumaines, avec d’autres de ces compagnons: 285 personnes dans
une cellule de 20 mètres carrés..., le décès d’un prisonnier une nuit sur
deux..., condamné avec des prisonniers politiques ou de droit commun enchaînés dans les cellules, sans vêtements ni nourriture; Luis Rodrigues Dos
Santos, un paysan du nord Brésil, "disparu" depuis le 9 février dernier;
Joseph John Cannon, un américain de 33 ans, condamné à mort pour un meurtre
commis à l’âge de 17 ans. Gracié une première fois, puis condamné à nouveau
à mort; Abdullah Avsar, enfin, un Kurde arrêté par la police turque le 20
février 93... torturé. Son état inspire les plus vives inquiétudes.
Cinq cas, présentés tour à tour à Lausanne par chacune des personnalités
invitées. Cinq cas parmi des milliers d’autres qui serviront de trame à la
campagne 93 de l’ACAT-Jeunes. A Fribourg le 24 avril, puis à Soleure, Sierre, Lausanne, Bienne, Neuchâtel, Delémont, Martigny et Genève. Afin d’inviter les uns à dire "Trop jeune pour se taire", mais aussi les autres pour
qu’ils disent avec le Père Longchamp: "Trop vieux pour me taire". (apicpierre rottet)