"La réalisation d’une secrète espérance"
Saint-Maurice, 22décembre(APIC) La nouvelle que Mgr Henri Salina, Abbé de
Saint-Maurice, a été élevé par le pape à la dignité épiscopale a "évidemment été très bien accueillie par les confrères", commente le chanoine Joseph Roduit, prieur et vicaire général de l’Abbaye territoriale de SaintMaurice. C’est que depuis 1840, l’Abbé de Saint-Maurice était traditionnellement évêque, et si Mgr Salina n’avait pas la dignité épiscopale, "il y
avait une secrète espérance" qu’il la reçoive, relève le chanoine Roduit.
L’idée était, après le Concile, de revoir les limites des diocèses et de
modifier cette tradition établie depuis 1840. Mais comme on s’est rendu
compte à la longue qu’en Suisse, on ne peut pas bouger les choses aussi facilement que cela, "au lieu de supprimer l’épiscopat à Saint-Maurice, on
l’a redonné". Durant plus de vingt ans, l’Abbé de Saint-Maurice a continué
à siéger au sein de la Conférence des évêques suisses, comme Abbé territorial, au même titre que l’Abbé d’Einsiedeln.
L’élévation à l’épiscopat, du point de vue pratique, ne change pas
grand’chose pour la communauté des chanoines réguliers de Saint-Maurice (92
chanoines, dont une quarantaine sur place à Saint-Maurice, les autres étant
en paroisse, dans des ministères spécialisés ou en mission dans le nord-est
de l’Inde), car Mgr Salina reste le Père Abbé. Mais ayant le caractère
épiscopal, il pourra désormais ordonner prêtres des confrères. Contrairement à d’autres, la communauté des chanoines a des vocations : une par an
en moyenne depuis une douzaine d’années. Ces dernières années, Saint-Maurice faisait appel aux évêques romands, à tour de rôle, pour procéder aux ordinations sacerdotales.
"D’autre part, remarque le chanoine Roduit, cela fait 1600 ans - depuis
Saint Théodule, premier évêque d’Octodure - que nous sommes là, au pied de
ce rocher; c’est peut-être aussi une forme de reconnaissance de l’ancienneté de cette maison, qui n’a connu - fait unique dans l’histoire de l’Occident chrétien - aucune discontinuité; c’est la reconnaissance ainsi d’une
longévité et d’une certaine vitalité". La règle des chanoines de Saint-Maurice est celle de saint Augustin, et ce dernier voulait, comme évêque, vivre avec son clergé. Ainsi, pour le chanoine Roduit, "avec l’accession de
Mgr Salina à l’épiscopat, on retrouve l’idée de saint Augustin de l’évêque
vivant avec son clergé autour de lui".
La communauté de Saint-Maurice fêtera son nouvel évêque certainement au
mois de janvier, bien que rien n’ait encore été décidé. Comme cette nomination survient vingt et un an après l’élection comme Abbé de Mgr Salina, on
ne prévoit certes pas une cérémonie "grandiose", mais "quelque chose de
sans doute sympathique", avec la présence d’un certain nombre de personnalités. (apic/be)